France / Politique

Marine Le Pen: «Je voterai blanc»

Temps de lecture : 3 min

Capture d'écran du discours de Marine Le Pen le 1er mai 2012 à Paris / Slate.fr
Capture d'écran du discours de Marine Le Pen le 1er mai 2012 à Paris / Slate.fr

Marine Le Pen a choisi de ne pas choisir: «Dimanche, je voterai blanc», a lancé ce mardi 1er mai la candidate du Front national, qui avait réuni quelques milliers de personnes devant l'Opéra Garnier, à Paris.

Mettant François Hollande et Nicolas Sarkozy dans le même sac de l'«UMPS» Marine Le Pen a lancé:

«J'ai fait mon choix. Chacun d'entre vous, chacun d'entre nous, fera le sien. Je ne me bats pas tous les jours pour que vous soyez respectés, pour vous considérer à mon tour comme des enfants. (...) Vous êtes des citoyens libres et vous voterez selon votre conscience, librement. A titre personnel, je me détournerai de ces mirages.»

En 2007, Jean-Marie Le Pen avait de son côté invité à l'abstention. Mais sa fille a ce 1er mai insisté sur l'importance du vote pour lutter contre «le système UMPS». Blanc donc, plutôt que l'abstention.

Passer du «rôle d'idiots» à celui d'«arbitres»

«Nous avons mené une très belle campagne, intelligente et populaire, s'est félicitée Marine Le Pen. Nous avons touché l'âme et l'intelligence des Français.»

La candidate qui a réuni un peu plus de 18% des voix au premier tour a fustigé les mensonges et compromissions, les promesses électorales, évoquant la volonté de Nicolas Sarkozy de récupérer les voix du Front national. La présidente du Front national a cité Rousseau:

«Jamais on ne corrompt le peuple mais souvent on le trompe.»

«J'ai foi en la capacité des Français à déjouer les manipulations, a jugé Marine Le Pen. Soyez sûrs que notre rôle fut et sera immense, essentiel, historique. Car notre mission passe d'abord par le décryptage du mensonge, la dénonciation des trahisons, (...) les révélations des compromissions. Nous sommes devenus le centre de gravité de la politique française. Le débat aujourd'hui se concentre autour de nos propositions. L'élection à la présidence de la République n'est pas pour cette fois, mais nous avons posé les fondations de notre proche arrivée au pouvoir (...). Je vous l'annonce, ce mouvement qui s'est enclenché ne pourra plus être arrêté. Notre victoire est inéluctable», soulignant que le nombre d'années avant la victoire du FN se comptait sur les doigts d'une main, suggérant qu'à l'issue de ce mandat de 5 ans, elle pourrait prendre le pouvoir.

L'élection s'est «terminée le 22 avril». Le 6 mai, «ce ne sera pas un président de la République qui sera élu», mais un esclave des institutions européennes, a clamé Marine Le Pen, ne faisant aucune distinction entre Nicolas Sarkozy et François Hollande.

«Aucune des réformes qu'ils proposent, ne sera réalisée. (...) Ils ont menti avec aplomb, tous les deux, avec cet immense talent de se regarder sans rire quand ils s'opposent

Marine Le Pen a ensuite listé une série de points repris par l'UMP, qui sont depuis longtemps au programme du Front national: immigration, présomption de légitime défense pour la police...

«Tout cela trouverait aujourd'hui grâce à leurs yeux? Brutalement? (...) Faut-il en sourire ou s'en effarer? Que cela vous fait-il, mes chers amis, de passer du rôle d'idiots qui votent pour Marine Le Pen à celui d'arbitres de l'élection présidentielle?»

Préparer l'avenir

Préparant sans doute le changement de nom du Front national, Marine Le Pen a déclaré:

«Nous sommes le grand parti du Rassemblement national. Il n'y a plus ni droite ni gauche: ces deux faces du même système sont en train de se disqualifier. Nous sommes le rassemblement national, le parti de la réconciliation de tous les Français.»

Louis Aliot, le numéro 2 du parti (et compagnon de Marine Le Pen) a déposé à l’INPI en janvier dernier le nom «Alliance pour un rassemblement national». Fin mars, le Front national avait annoncé que dès les législatives, il se rebaptisera temporairement «Rassemblement Bleu Marine», en vue d'une alliance avec des souverainistes.

Au sujet des législatives justement, Marine Le Pen a précisé que si vraiment l'UMP était contre le mariage homosexuel, pour la régulation de l'immigration, contre le vote des immigrés, etc, dans un cas d'opposition PS - Front national, l'UMP ferait mieux de faire une alliance avec le Front national.

La candidate a rappelé le vote crucial aux législatives avant de conclure son discours sous les applaudissements de quelques milliers de personnes réunies. Et de féliciter ses sympathisants: «Bravo à tous!» Marseillaise.

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