Le vote des Français de l'étranger pays par pays

Lors du premier tour de l'élection présidentielle française, le 22 avril 2012 à Rabat au Maroc. REUTERS/Stringer.é

Lors du premier tour de l'élection présidentielle française, le 22 avril 2012 à Rabat au Maroc. REUTERS/Stringer.é

Les résultats détaillés du premier tour de l'élection présidentielle pour les Français de l'étranger (électorat où Sarkozy a réalisé 38% des voix, Hollande plus de 28%, Bayrou plus de 11%, Mélenchon plus de 8% et Le Pen moins de 6%) ont tardé à arriver —à tel point que Richard Yung, sénateur des Français hors de France, a adressé une lettre de «protestation énergique contre le refus du ministère des Affaires étrangères» de diffuser ces résultats. Mais ils ont enfin été publiés, mardi 24 avril.

Hollande fait son meilleur score dans les Comores, où il obtient 64% des voix (sur 379 suffrages exprimés). Un score proche de celui qu’il obtient en Algérie: 63% (sur 4264 suffrages exprimés). Il réalise également des scores importants en Afrique: 60% au Bénin, 58% au Mali, 56% au Togo, 50% en Guinée, 48% au Niger, 46% en Ethiopie, 42% au Sénégal.

Il réalise ses scores les plus faibles en Israël (8%) et à Monaco (10%). Dans la principauté, qui compte presque 9.000 électeurs Français (dont seuls 2.001 ont voté) et où le revenu par habitant est l’un des plus hauts du monde, il est probable que le candidat du PS ait peu séduit avec sa proposition d'une tranche supplémentaire de 45% pour les revenus supérieurs à 150.000 euros par part et le plafonnement des «niches fiscales» à 10.000 euros de diminution d’impôts par an.

Israël, de son côté, a plébiscité Nicolas Sarkozy: le président sortant y obtient 83% des voix sur 7.196 suffrages exprimés –à peine moins bien que ce qu’il avait obtenu en 2007 avec 84,5 %. «Cinq ans après l'élection de Nicolas Sarkozy, les défenseurs d'Israël tirent un bilan mitigé du mandat du président de la République» écrivait en janvier dans Le Monde le chercheur de l’Ifri Marc Hecker. Mais le candidat de l’UMP, qui a affirmé son soutien à Israël face à l’Iran, apparaît toujours comme le candidat ayant les intérêts de l’Etat hébreu le plus à coeur.

Le président-candidat récolte également 46% aux Etats-Unis et 36% au Royaume-Uni (même si, dans ce dernier pays, il ne devance Hollande que de 3 points). Il réalise l’un de ses plus bas scores en Tunisie, avec 23%. Pas moins attendu pour Sarkozy qui avait de lui-même admis en mars sur Europe 1 que sa plus grande erreur était «de ne pas avoir vu venir la révolution». Alors que des émeutes généralisées éclataient, Michèle Alliot-Marie, alors ministre des Affaires étrangères, avait proposé, le 11 janvier 2011, «le savoir-faire» de la France pour «régler des situations sécuritaires de ce type».

Peu de surprises en ce qui concerne les autres candidats. Jean-Luc Mélenchon réalise ses meilleurs scores en Amérique du Sud où, écrivait Slate peu avant le premier tour de l’élection, il est perçu comme «une star». Sur ce continent où l’idéologie de gauche est encore très présente, il a obtenu jusqu’à 26% des voix au Nicaragua, 24% à Cuba ou 18% en Equateur, pays qui l'a beaucoup inspiré. En revanche, il ne fait que 13% en Bolivie et 9% au Venezuela.

Eva Joly, originaire de Norvège, obtient ses meilleurs scores en Europe du Nord, où les enjeux écologiques sont forts au sein du débat public. Elle réalise notamment 15% en Norvège et 12% au Danemark. En Islande, où depuis l’irruption du volcan Eyjafjöll, les questions d’écologie sont très présentes, et où elle avait mené en 2009 une mission d'enquête sur la crise financière, elle obtient 23% des voix (sur 136 suffrages exprimés).

Le meilleur score de Marine Le Pen, qui fait globalement beaucoup moins bien à l’étranger qu’en France, est réalisé au Sud-Soudan. Elle y obtient 29% des voix, mais seulement 14 personnes ont participé au scrutin. François Bayrou, lui, plafonne à 19% au Kazakhstan et en Mongolie —où il y a eu respectivement 43 et 42 suffrages exprimés pour l'ensemble des candidats.