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Première manche Hollande

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 22.04.2012 à 20 h 32

Selon les premières estimations, Hollande devance Sarkozy, premier président sortant devancé au premier tour. Le Pen, elle, va battre le meilleur score jamais réalisé par le FN.

François Hollande le 22 avril 2012. REUTERS/Regis Duvignau

François Hollande le 22 avril 2012. REUTERS/Regis Duvignau

Une première et un record. Pour la première fois sous la Ve République, un président sortant ne sort pas en tête au premier tour: François Hollande devancerait Nicolas Sarkozy d'environ deux points, avec 28,4% à 29,3% des voix contre 25,5% à 27% à son rival, selon les estimations diffusées à 20h par les instituts CSA, TNS Sofres, Ipsos et Harris Interactive. Marine Le Pen, elle, battrait le meilleur score de la formation d'extrême droite lors du scrutin suprême avec 18,2% à 20% des voix.

L'espoir douché de Nicolas Sarkozy

Les espoirs manifestés par les proches du président-candidat lors de la première quinzaine de mars, au moment où les sondages le rapprochaient de son adversaire, sont donc aujourd’hui démentis. «Pour le premier tour, il faut que Nicolas Sarkozy vire en tête», expliquait Claude Guéant le 1er mars sur Europe 1, tandis que le conseiller opinion du président, Patrick Buisson, annonçait dans une rare interview au Monde, le 13 mars, que François Hollande rassemblerait moins de suffrages que Ségolène Royal le 22 avril 2007.

Raté donc, et nettement, puisque tout indique que François Hollande, qui réalise le meilleur score jamais fait par un «challenger» socialiste au premier tour, recueillera sur son nom autour de 10 millions de voix, voire plus, contre 9,5 millions pour Royal.

Marine Le Pen au plus haut

Marine Le Pen, elle, va battre les meilleurs scores de sa formation sur tous les plans puisque, même dans l’hypothèse la plus pessimiste pour elle, elle devrait faire mieux que son père en suffrages exprimés et en voix en 2002 (16,9%, 4,8 millions de voix), et mieux que lui en 1995 en proportion des inscrits (11,8%). Il faut dire que la participation, sur laquelle planait une grande incertitude, se situe haut, a priori au moins 80%, seulement deux à trois points derrière celle record de 2007 (83,7%).

La candidate du FN, qui affirmait récemment à l’AFP que «à peu de chose près», elle ferait «le double» de voix de Jean-Luc Mélenchon, «largement surévalué», et Bruno Bilde, son directeur de la communication, qui annonçait récemment sa championne à 20% des voix, pourraient donc remporter leur pari.

Mélenchon perd son pari

Derrière elle, Jean-Luc Mélenchon, donné entre 10,8% et 11,7%, va réaliser le meilleur score d’un candidat de gauche non-socialiste depuis George Marchais en 1981 (15,35%), mais ne réussit pas son pari de devancer la candidate d’extrême droite.

François Bayrou (8,5% à 9,1%), lui, divise par deux son score de 2007 (18,58%) et est bien plus proche de celui de 2002 (6,84%).

Les petits candidat recueillent des scores correspondant grosso modo au niveau où les annonçaient les sondeurs: 2% à 2,2% pour Eva Joly, 1,7% à 1,9% pour Nicolas Dupont-Aignan, 1,2% à 1,3% pour Philippe Poutou, 0,5% à 0,7% pour Nathalie Arthaud, 0,2% à 0,3% pour Jacques Cheminade.

Le total gauche se situerait donc entre 43,2% et 44,5%, contre moins de 36,5% en 2007, moins de 43% en 2002 (en incluant Jean-Pierre Chevènement) et 40,5% en 1995 —il faut remonter à 1988 (49,1%) pour trouver la gauche plus haute. C’est néanmoins moins que ce qu’annonçaient les derniers sondages, qui donnaient l’ensemble de la gauche à un peu moins de 46%.

C’est sans doute le seul chiffre qui peut donner de l’espoir ce dimanche soir à Nicolas Sarkozy: ses principales réserves de voix, celles du Front national, ont légèrement augmenté, et celles de François Hollande légèrement baissé. Mais les reports de voix en faveur du candidat socialiste annoncés par les dernières enquêtes d’opinion avant le premier tour (80% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, un peu moins de 40% des électeurs de François Bayrou et 20% des électeurs de Marine Le Pen), s’ils se confirmaient, le placeraient en position favorable pour le second tour.

Jean-Marie Pottier

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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