«ICI LONDRES», «RADIO LONDRES» Le Général de Gaulle, convoqué par de nombreux candidats lors de la campagne, l’est depuis
samedi 21 avril par de nombreux utilisateurs de Twitter ou Facebook qui
réagissent à l’interdiction de communiquer les premières estimations ou résultats
du premier tour de la présidentielle avant 20h.
Du coup, les messages qui
rappellent les phrases codées de la Seconde Guerre mondiale se multiplient et
les internautes rivalisent d’inventivité et tweetent des phrases n’ayant pas
forcément un rapport avec l’élection du jour:

En parallèle, certains
comptes diffusent ce qu’ils disent être des estimations ou des résultats,
notamment en provenance des territoires outre-mer.
Notre métier de
journaliste, et particulièrement de journaliste web, devrait de pouvoir en ce
moment-même, vous permettre de faire le tri entre ces «informations», entre les
comptes «vérifiés» ou ceux qui sont objectivement des fakes, entre les
estimations fantaisistes ou celles qui sont recoupées par plusieurs sources et que les journalistes –mais aussi les membres des partis, les personnes présentes aux QG des candidats, etc.– ont l'habitude d'obtenir avant 20h.
Mais la loi nous l’interdit. L'article
L52-2 du code électoral est formel: «Aucun résultat d'élection, partiel
ou définitif, ne peut être communiqué au public par la voie de la presse ou par
tout moyen de communication au public par voie électronique [...] avant la
fermeture du dernier bureau de vote sur le territoire métropolitain.»
Les médias étrangers, qui avaient l’habitude de publier les sondages
sorties de urnes et les estimations que ne pouvaient diffuser les sites et
médias français ont également été menacés
de poursuite par la Commission de contrôle de la campagne électorale.
Le site belge Le Soir.be prend ça avec humour, tenant un live
#premiersresultats depuis samedi, article actualisé en direct regroupant toutes
sortes de #premiersresultats (la loi nous interdit également de faire un lien
vers le site belge).
En France, la plupart des sites se sont engagés, notamment Slate.fr, à
ne pas diffuser des résultats ou d’estimations avant 20h.
D’autres, notamment Atlantico et Arrêts sur image, pensent pouvoir
contourner la loi en mettant en place des envois non publics aux internautes
s’inscrivant sur des listes.
A la télé, c’est France2 qui s’est un peu emmêlé les micros, en en
tendant un durant
13 secondes à Jean-Luc Mélenchon alors que le candidat du Front de Gauche déjeunait
dans un restaurant du Xe arrondissement de Paris.
À lire aussi sur Slate.fr:
Je ne vais pas entrer dans la controverse sur l'interdiction de publication des résultats (alors que les hommes politiques, les journalistes, et, pour reprendre une expression qui ne veut rien dire "les milieux informés" en général ont déjà de fortes tendances depuis au moins 17 heures), mais je me poste juste quelques questions : la surveillance de l'internet, ainsi que le précise l'article du nouvel obs en lien, est un choix, et le contrôle (d'aucun mauvais esprit parlerait de muselage) des médias correspond à un choix, une attitude personnelle de chaque état, que l'on retrouve nonobstant de facon prononcée dans les régimes particulièrement peu démocratiques (la Chine a d'ailleurs un contrôle de l'internet assez efficace, à cet égard).
Pour autant, ce se quoi j'aimerai attirer l'attention est l'interdiction et la menace envers les médias étrangers. Et depuis quand, j'ai envie de dire, la France interdirait elle Der Spiegel, Le Soir (be), Le Matin (ch), ou n'importe quel journal Kazakh de publier ce qu'il veut sur son site internet, et surtout, au nom de quoi ? Il ne me semble pas que les journaux, situés à l'étranger, tombent sous le coup de la loi Francaise, qui, comme le dit si bien la loi, est par définition conscrite au territoire... j'aimerai bien savoir devant quel tribunal le soir (be) serait attaqué, et surtout quel juge se permettrai de les juger coupable, alors qu'un recours devant n'importe quelle cour belge ou même la cour de justice européenne rendrait les menaces qui ressemblent plutôt au sermon d'un notable local francaises nulles et non avenues, en plus d'être ridicules...
Enfin comme le dirait l'autre, les élections présidentielles, signes de la démocratie, sont sous un auspice tout à fait... démocratique.
Petit best of à lire ici :)
http://politique.com/radio-londres-sondages-presidentielle-2012-3956.htm
Avez-vous lu cette "analyse sociologique" illustrée en graphiques sur le comportement des tweetos dimanche ?
http://www.tweetwallpro.com/blog/icilondres-radiolondres-vs-presidentielle.html
On y voit, un basculement entre l'utilisation des hashtags alternatifs (#icilondres et #radiolondres) vers les hashtags et comptes "officiels".
L'illustration est flagrante. Comme si les tweetos étaient "libérés" après 20h.