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L'élection française, forcément un problème pour Merkel

Annabelle Georgen, mis à jour le 20.04.2012 à 9 h 37

Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel lors d’une conférence de presse à la Chancellerie à Berlin, le 17 juin 2011.  REUTERS/Fabrizio Bensch

Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel lors d’une conférence de presse à la Chancellerie à Berlin, le 17 juin 2011. REUTERS/Fabrizio Bensch

IL NE S'AGIT PAS D'UNE ELECTION COMME LES AUTRES pour la chancelière allemande. La présidentielle a plus d'importance que de nombreuses élections régionales allemandes, estime l'hebdomadaire Spiegel. Que Sarkozy ou Hollande soit élu, Angela Merkel risque en fait de se trouver dans une position délicate dans les deux cas.

Dans l'hypothèse d'une réélection de Nicolas Sarkozy, à qui elle a apporté son soutien, le camp de Merkel craint que, galvanisé par sa victoire, le président français n'en profite pour tirer le rapport de force à son avantage au sein du couple franco-allemand. Le projet de Sarkozy de donner plus de pouvoir à la Banque centrale européenne afin qu'elle puisse agir sur la croissance donne d'ailleurs des sueurs froides au gouvernement allemand, qui juge une telle mesure extrêmement dangereuse.

Une victoire de François Hollande pourrait elle avoir des conséquences sur les élections législatives de 2013 en Allemagne. Ce serait «un gros problème» pour le gouvernement actuel, estime Alexander Graf Lambsdorff, représentant du parti libéral FDP au parlement européen, qui qualifie la politique du candidat PS de «social-démocrate démodée: plus de pouvoirs publics, plus d'emplois dans le public, et si ça se trouve plus de dettes.» Dans l'entourage de la chancelière, on s'inquiète de ses attaques répétées contre le pacte budgétaire européen.

Mais certains proches de Merkel estiment qu'Hollande devrait arrondir les angles en cas de victoire, à l'instar du député européen CDU Elmar Brok, qui rappelle que Mitterrand n'a eu besoin que d'un an et demi après son élection en 1981 pour mettre sa politique de gauche au placard:

«Entre l'élection et l'arrivée au pouvoir, il va devoir clarifier sa position par rapport à la crise financière européenne. C'est sa marge de manœuvre

Si du point de vue de nombreux observateurs politiques allemands, sur le plan économique, Hollande est considéré comme «le plus mauvais choix» possible, il pourrait en être autrement sur celui de la politique commune de sécurité et de défense, estime Ronja Kempin, qui dirige le groupe de recherche sur les relations extérieures de l'Union européenne à l'Institut de sciences politiques SWP, qui estime que Sarkozy a traité l'Allemagne comme un partenaire politique de «seconde catégorie» lors des négociations sur le retour de la France dans l'Otan:

«Au contraire de Nicolas Sarkozy, Hollande affiche un ton critique face à l'Alliance atlantique. […] En même temps il souhaite visiblement renforcer l'axe franco-allemand au sein de la politique commune de sécurité et de défense. […] L'avenir de l'Europe ne dépend pas uniquement du fait de surmonter la crise de la dette.»

Annabelle Georgen
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