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Guaino, Assad, Buisson… les vieux dossiers de Jean-Luc Mélenchon

Olivier Clairouin, mis à jour le 30.10.2013 à 16 h 22

Jean-Luc Mélenchon, le 22 mars 2012 à Villeneuve-Saint-Georges. REUTERS/Kenzo Tribouillard

Jean-Luc Mélenchon, le 22 mars 2012 à Villeneuve-Saint-Georges. REUTERS/Kenzo Tribouillard

FESTIVAL MÉDIATIQUE POUR LE CANDIDAT DU FRONT DE GAUCHE. A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle ressortent des histoires et relations que Jean-Luc Mélenchon croyait cachées tout au fond de son QG. Autant de casseroles accrochées aux pieds du «troisième homme» que l’on voit ressurgir au même moment.

Le «déjeuner secret» avec Henri Guaino

C’était il y a deux ans, raconte Le Point ce mercredi 18 avril. Au restaurant de l’Institut du monde arabe, le futur candidat du Front de gauche a partagé un repas avec le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, grâce au coup de main du chroniqueur Eric Zemmour.

Les deux hommes auraient eu une conversation à bâtons rompus et se seraient bien entendus, le tutoiement étant de rigueur entre eux depuis. Selon Le Point, ils se seraient recroisés dans les couloirs de BFM TV et auraient passé quelques minutes à bavarder en coulisses lors de l’émission Des Paroles et des actes, le 23 février 2012.

En photo avec Bachar al-Assad

Un cliché datant du 21 juin 2001 est réapparu mardi sur Twitter. On y voit Jean-Luc Mélenchon au côté du président syrien Bachar al-Assad. A l’époque le candidat du Front de gauche était en charge de l’Enseignement dans le gouverment de Lionel Jospin (2000-2002). C’est à la demande du Premier ministre que Jean-Luc Mélenchon s’est rendu à l’aéroport d’Orly pour accueillir le chef d’Etat. 

Rien d’anormal donc, selon Arnauld Champremier-Trigano. Le responsable de la communication de Jean-Luc Mélenchon explique au Parisien:

«Matignon l’a appelé à la dernière minute, pour lui demander de se rendre à Orly. Mais hormis à la descente de l’avion, Jean-Luc Mélenchon ne l’a pas rencontré. Il n’a pas dîné avec lui et il n’y a pas eu de réunion sur les questions éducatives. Les rendez-vous étaient prévus avec Jacques Chirac, Lionel Jospin ainsi que Raymond Forni, le président de l’Assemblée de l’époque.»

La légion d’honneur de Patrick Buisson

Dans son édition du 12 avril, reprenant une information de L’Express, le Nouvel Observateur s’interroge sur la nature des relations que l’ancien sénateur a tissées avec Patrick Buisson, conseiller de Nicolas Sarkozy et ancien rédacteur en chef de Minute, un journal d’extrême droite.

Comme l’explique le magazine, les deux hommes ont fait connaissance en 2007 au cours d’une émission politique sur LCI et ont sympathisé. Au point que Jean-Luc Mélenchon a répondu présent lorsque Patrick Buisson l'a invité à une cérémonie au cours de laquelle il s'est fait remettre la Légion d’honneur, le 24 septembre 2007.

Des informations confirmées avec agacement par le candidat à la présidentielle, au cours d’une interview sur BFM le 16 avril.

L’affaire a tourné au règlement de comptes entre le Front de gauche et le Nouvel Observateur, le journal se faisant qualifier de «Nouvel Insulteur». En guise de réponse à la polémique, le compte Twitter @Melenchon2012 a diffusé une vieille photo sur laquelle on peut voir Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du journal, et le fondateur du Front national Jean-Marie Le Pen.

Serge Dassault, ce «grand industriel»

Dans leur biographie Mélenchon, le plébéien, les journalistes Stéphane Alliès et Lilian Alemagna évoquent «l’amitié» de Jean-Luc Mélenchon et Serge Dassault. Comme l’explique le site Internet du Monde, ils se sont cotoyés au Palais du Luxembourg, l’industriel assurant la fonction de sénateur depuis 2004.

Outre un coup de main donné à Serge Dassault pour son élection cette année-là, les deux auteurs racontent comment Jean-Luc Mélenchon a décidé de s’abstenir lors d’un vote organisé au Sénat pour décider ou non de la saisine du Conseil constitutionnel vis-à-vis du poste brigué par Serge Dassault, son rôle de sénateur étant jugé par ses pairs incompatible avec sa position d’industriel dépendant des commandes de l’Etat.

En réponse, le candidat du Front de gauche explique qu’il n’a pas voulu «terminer à coups de pieds quelqu’un» qu’il venait «de battre dans les urnes». Avant de lâcher tout de même que Serge Dassault est «un grand industriel». Dans une vidéo mise en ligne par Mediapart, il assimile son comportement à de «l’élégance» (à partir de 9.50).


L'ironie du Front de gauche

Il n’y a rien de réellement répréhensible dans ces «révélations» en cascade, mais leur retentissement médiatique semble taper sur les nerfs de Jean-Luc Mélenchon et de son équipe.

Sur son compte Twitter, les proches du candidat ironisent à grand renfort de détournements:

O. C.

Olivier Clairouin
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