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Le populisme séduit les jeunes

Annabelle Georgen, mis à jour le 15.04.2012 à 16 h 28

Marine Le Pen, le 19 février à Lille. REUTERS/Pascal Rossignol.

Marine Le Pen, le 19 février à Lille. REUTERS/Pascal Rossignol.

LA POPULISTE DE DROITE MARINE LE PEN et le populiste de gauche Jean-Luc Mélenchon courtisent les mêmes électeurs, en particulier les jeunes âgés entre 18 et 24 ans, écrit le Frankfurter Allgemeine Zeitung, analysant les résultats du sondage CSA publié en début de semaine sur le Monde. Les deux adversaires doivent en effet avant tout aux jeunes la remontée récente de leur cote de popularité. Selon le sondage, 26 % des 18-24 ans ont l'intention de voter pour la candidate du FN au premier tour, 16 % pour le candidat du Front de gauche, soit trois fois plus que fin 2011.

Même si les deux candidats à la présidentielle n'aiment pas qu'on les compare, ils ont pourtant plus de points communs qu'ils ne le souhaiteraient, estime le quotidien allemand, dressant la liste de leurs ressemblances:

«Les instituts de sondage estiment que l'une comme l'autre ont autant de chances de franchir la barre du premier tour. Les deux attirent les électeurs des deux plus grands partis en s'attaquant au «système» et au pouvoir. Ils promettent aux Français un monde au-delà du capitalisme globalisé, qui commence par l'abandon de l'euro.»

Le quotidien de gauche Tageszeitung trouve cette analogie surprenante, estimant pour le moins «original» le fait qu'un parti qui se battait autrefois surtout contre les anticapitalistes se mette désormais à critiquer l'économie de marché, avec une Marine Lepen taxant la dépendance de l'État français vis-à-vis des marchés financiers de «fascisme doré».

«Comme la gauche, elle réclame que l'État ait plus de pouvoir que les banques. Elle justifie son attitude critique avec un «patriotisme économique» et attend visiblement qu'un miracle se produise en quittant la zone euro. Elle mélange sa critique du système, dont le ton rappelle souvent celui de la gauche radicale, avec la croisade traditionnelle du FN contre les immigrés, qui continuent d'être la raison de tous les malheurs pour l'extrême droite», analyse la taz.

«Le programme des deux politiciens se traduit par une certaine fuite de la réalité», estime le FAZ, rapellant les promesses de campagnes des deux candidats, du retour à une France souveraine aux frontières bien gardées et qui abandonne l'euro sans aucune difficulté du côté du FN au salaire minimum à 1700 euros et à la retraite à 60 ans du côté du Front de gauche.

Mais si en public ils exhibent leur aversion réciproque, Mélenchon traitant Le Pen de «fasciste», cette dernière répliquant par «révolutionnaire d'opérette», les deux candidats savent pourtant parfois se montrer plus cordiaux, voire même faire preuve d'une «certaine solidarité», estime le FAZ, faisant référence à leur récente rencontre inopinée devant les caméras de l'emission Portraits de campagne (Direct 8).

Annabelle Georgen

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