France / Politique

Nicolas Sarkozy courtise les harkis

Temps de lecture : 2 min

Nicolas Sarkozy lors de la présentation de son programme, le 5 avril 2012. REUTERS/Benoît Teissier.
Nicolas Sarkozy lors de la présentation de son programme, le 5 avril 2012. REUTERS/Benoît Teissier.

«LA FRANCE SE DEVAIT DE PROTEGER les harkis de l’histoire, elle ne l’a pas fait. La France porte cette responsabilité devant l’histoire, c’est cette responsabilité que je suis venu reconnaître ici à Perpignan», a déclaré Nicolas Sarkozy samedi, lors d’un discours dans le Languedoc-Roussillon. «La France doit, comme elle l’a toujours fait, regarder son Histoire en face et assumer les erreurs qu’elle a pu commettre. En l’occurrence, rien ne peut expliquer, rien ne peut excuser l’abandon de ceux qui avaient fait le choix de la France».

Ces mots sont la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français dans l’abandon des harkis. Une reconnaissance que Nicolas Sarkozy avait promise aux harkis et à leurs descendants il y a tout juste cinq ans, en mars 2007. Alors candidat, Nicolas Sarkozy avait dit:

«Si je suis élu président de la République, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l'abandon et le massacre des harkis et de milliers de musulmans français. Et je le veux afin que l'oubli ne les assassine pas une nouvelle fois.»

Une promesse qui a donc mis longtemps a être honorée. En mars, les harkis étaient déjà évoqués et la guerre d'Algérie s'était immiscée discrètement dans la campagne, comme l'expliquait notre journaliste Arianne Bonzon.

Mais Nicolas Sarkozy a attendu avril pour reconnaître la responsabilité de la France. Il a choisi de «solder cette dette en 2012, non pas parce qu'il est candidat, mais parce que cette année correspond au cinquantième anniversaire des accords d'Évian», assure un proche du candidat au Figaro. L’anniversaire des accords d’Evian a pourtant été fêté le 18 mars.

La communauté des Harkis et de ses descendants représente environ 500.000 personnes en France. Des votants qui se souviendront peut-être dans une semaine tout juste de la reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français, ce «geste unique, sans précédent» selon Jeanette Bougrab secrétariat d'État à la Jeunesse et à la Vie associative, fille de harki.

Réunis samedi à Perpignan, des membres du Front National regroupés pour rendre hommage aux harkis ont dénoncé une «opération de récupération politique» de Nicolas Sarkozy. Le président du comité de soutien à la campagne de Marine Le Pen Gilbert Collard s'est dit «scandalisé» que Nicolas Sarkozy «vienne courtiser les harkis alors qu'il n'a rien fait pour eux pendant son mandat», selon Le Parisien.

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