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Nicolas Sarkozy se lance dans le «Brit-Bashing»

Slate.fr, mis à jour le 14.04.2012 à 12 h 20

Nicolas Sarkozy chante la Marseillaise après un discours à Toulon le 1er décembre 2011, REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Nicolas Sarkozy chante la Marseillaise après un discours à Toulon le 1er décembre 2011, REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Mais où est passé le Nicolas Sarkozy de 2007, qui faisait l’éloge du modèle anglo-saxon à longueur de discours? Le Telegraph relève que le candidat à sa propre succession à l’Elysée donne désormais dans le «Brit bashing», critiquant le pays d’Outre Manche pour se valoriser en contrepoint. 

Certains diront que c’est le Financial Times qui a commencé, en critiquant le bilan de Nicolas Sarkozy, puis en publiant un billet de blog (en réponse à la remarque de Nicolas Sarkozy «Le FT nous explique qu'il faut faire exactement comme la Grande-Bretagne qui est dans une situation économique bien pire que la France. Donc moi j'accepte bien volontiers qu'on nous donne des leçons, mais pas eux, et pas comme ça!»). Le billet de blog disait: «Eh bien, nous ne t’aimons pas non plus, Sarko».

Mais déjà en janvier, Nicolas Sarkozy lançais lors d’une interview télévisée:

«On peut parler du Royaume-Uni avec plaisir, au Royaume-Uni, ils n'ont plus d'industrie!»

Ces remarques désobligeantes à l’égard du Royaume-Uni font partie d’ «une tradition éculée», selon le Telegraph «qui consiste à se défouler sur les Britanniques quand les choses vont mal».

En 2007, autre temps, autre ton. Nicolas Sarkozy avait choisi Londres pour son premier déplacement de campagne à l’étranger. Luc Chatel alors porte-parole de l'UMP disait alors que le candidat de l’UMP avait «déjà eu l'occasion de noter que la Grande-Bretagne était un bon exemple de pays sachant se remettre en question, se moderniser et se tourner vers l'avenir»

Désormais, les tensions politiques agitent la France et la Grande-Bretagne depuis quelques mois. Fin 2011, des réunions au sujet de l’euro avaient provoqué de véhémentes discussions entre David Cameron et Nicolas Sarkozy, en désaccord sur les stratégies à adopter. Et si le premier ministre britannique a déclaré: «Je souhaite le meilleur à mon ami Nicolas» pour la présidentielle, il a encore raillé  la volonté de Nicolas Sarkozy de mettre en place une taxe sur les transactions financières, sans attendre ses partenaires européens.

Ces tensions débordent du champ politique sur celui des médias, au-delà du Financial Times (qui déjà le mois dernier avait comparé la France de Sarkozy à la Russie de Poutine à cause de la proximité entre les milliardaires et le monde des médias français). Fin mars, le prestigieux hebdomadaire britannique The Economist consacrait sa une à l’élection présidentielle française avec pour titre «la France dans le déni». Leur analyse selon laquelle les candidats à l’élection ignoraient les vrais enjeux n’épargnait pas Nicolas Sarkozy, critiquant sa proposition de lier l’impôt à la nationalité pour lutter contre l’exil fiscal, sa menace de quitter l’espace Schengen ou ses attaques contre l’immigration et la viande halal

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