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Portrait-robot de 27 maires qui ont parrainé quatre fois un candidat à la présidentielle

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 14.04.2012 à 13 h 10

Un formulaire de signature lors de l'élection présidentielle 2007. REUTERS/Eric Gaillard

Un formulaire de signature lors de l'élection présidentielle 2007. REUTERS/Eric Gaillard

SI LA PROCÉDURE DE PARRAINAGE D'UN CANDIDAT A LA PRÉSIDENTIELLE DONNAIT DROIT A UNE CARTE DE FIDÉLITÉ, la leur porterait quatre tampons. Alors que la procédure de parrainage des postulants à l’Elysée par les élus pourrait être remise en cause en 2017 (certains candidats, dont Nicolas Sarkozy et François Hollande, ont évoqué cette idée), Slate.fr a identifié, en croisant les fichiers publiés au Journal officiel en 1995, 2002, 2007 et 2012, au moins 27 maires qui ont accordé publiquement leur parrainage à un candidat pour chaque scrutin [1]. Une liste de «super-parrains» dont on peut tirer cinq enseignements.

Les petites communes sont surreprésentées...

Seules deux des 27 communes comptent plus de 10.000 habitants: Grigny, dans le Rhône, et Gisors, dans l’Eure, dont les maires ont pour point commun d’être encartés —respectivement au Parti de gauche et au Parti communiste. A l’inverse, onze communes, soit près de la moitié, en comptent moins de 100. Les petites communes, dont les élus sont fréquemment non encartés, constituent un terrain de choix pour la chasse aux parrainages.

… ainsi que le Nord-Est

Treize communes, presque la moitié, sont situées dans le quart nord-est de la France. Ce qui n’est pas très surprenant: comme nous le montrions dans un article publié, les régions Champagne-Ardennes, Bourgogne, Franche-Comté, Picardie, Lorraine... ont pour points communs de compter davantage de petites communes et d'être frappées de plein fouet par les délocalisations et la désindustrialisation, ce qui en fait des cibles toutes trouvées pour les petits partis qui cherchent des parrainages.


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Le FN fidélise peu

Tous les cinq (et auparavant sept) ans, le FN se plaint publiquement de ses difficultés à récupérer des parrainages, et sa bonne foi est mise en doute par des commentateurs qui estiment qu’il se victimise. En tout cas, le parti d’extrême droite fidélise peu, puisqu’un seul édile l’a parrainé publiquement quatre fois depuis 1995 (Charles Guglielmi, maire du petit hameau de Felce, en Corse). A titre de comparaison, on en trouve cinq qui ont parrainé quatre fois Lutte ouvrière, aux résultats électoraux pourtant bien inférieurs…

Une moitié de maires «zappeurs»...

Sur les 27 maires que nous avons identifiés, 14 n’ont pas parrainé systématiquement le même parti. Ils varient au gré de l'offre et de la mobilisation des petits partis pour obtenir leur parrainage: Christian Adam, maire de la commune de Sommevoire (Marne), nous a ainsi expliqué avoir successivement parrainé deux très petits candidats (Cheminade 1995 et Schivardi 2007) et la LCR/NPA (Besancenot 2002 et Poutou 2012), soit par désir de parrainer un très petit candidat de gauche, soit par désir de parrainer un parti plus à gauche que le PS.

Ils varient également car certains partis ne sont pas toujours présents: Robert Ludot, maire de Champfleury (Aube), qui avait parrainé Jean Saint-Josse en 2002, nous a affirmé qu’il avait encore parrainé le candidat des chasseurs —Frédéric Nihous— cette année, avant de finalement accorder son parrainage à Marine Le Pen après son retrait.

… mais pas de maires qui «traversent» peu l’échiquier politique

En revanche, les maires zappeurs restent fidèles à un camp, gauche ou droite —on notera néanmoins que Jacques Cheminade, en 1995, a réussi à séduire des maires qui ont ensuite signé pour Bruno Mégret, Jean-Marie Le Pen, Olivier Besancenot ou Philippe Poutou. Si le parrainage ne vaut théoriquement pas approbation des idées du candidat et si, pour peu que ses signatures n'aient pas toutes été publiées au Journal officiel, il existe peut-être un maire qui a successivement signé pour De Villiers, Laguiller, Nihous et Joly, nous ne l'avons pas trouvé.

J.-M.P.

[1] Seulement 23.500 des 63.967 parrainages enregistrés au Conseil constitutionnel entre 1995 et 2012 ont été publiés: un maire qui a parrainé quatre fois un candidat qui a recueilli 550 parrainages a 70% de voir son nom publié les quatre fois; un maire qui a parrainé quatre fois un candidat qui a recueilli 2.000 parrainages a... 0,004 de chances de voir son nom publié quatre fois. Sans oublier qu'un maire peut parrainer un candidat qui ne recueillera pas 500 parrainages, et que dans ce cas aucun d'entre eux n'est publié. Revenir à l'article

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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