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François Hollande: Anne Lauvergeon «est d'abord une dirigeante d'entreprise»

Grégoire Fleurot, mis à jour le 13.04.2012 à 14 h 19

Le candidat socialiste ne semble pas enthousiaste à l'idée d'intégrer l'ancienne patronne d'Areva à son gouvernement en cas de victoire.

Anne Lauvergeon à Paris le 16 janvier 2012, REUTERS/Charles Platiau

Anne Lauvergeon à Paris le 16 janvier 2012, REUTERS/Charles Platiau

«MESSAGE ENVOYÉ, MESSAGE REÇU.» Voilà comment Anne Lauvergeon a accueilli vendredi 13 avril le message assez clair que lui a adressé François Hollande dans une interview aux Echos parue le même jour. Interrogé sur la possibilité que l’ancienne patronne d’Areva fasse partie de son gouvernement s’il était élu, le candidat socialiste a semblé fermer la porte à cette éventualité:

«Tant que les Français ne se sont pas prononcés, je ne forme aucune équipe. Et Anne Lauvergeon que je connais et apprécie est d'abord une dirigeante d'entreprise. Je note d'ailleurs que les personnalités issues de la société civile, aussi talentueuses soient-elles, ont eu souvent des difficultés pour accéder aux fonctions politiques.»

Anne Lauvergeon vient de publier un livre, La Femme qui résiste, dans lequel elle revient sur son parcours à la tête du géant de l’énergie mais aussi et surtout où elle règle ses comptes avec Nicolas Sarkozy, qui a décidé de son éviction en 2011, et Henri Proglio, le patron d’EDF. Un livre dont la sortie à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle peut être perçu comme un geste politique et une prise de parti dans la campagne.

«Ce qui rend moins crédible ce que dit Anne Lauvergeon, c'est qu'elle a attendu d'être mise dehors pour contester un système dont elle voulait continuer à participer au premier rang comme présidente d'Areva», a ainsi réagi Nicolas Sarkozy, estimant que «tout ça, c'est de la politicaille».

Dans une longue interview à L’Express mise en ligne mardi 10 avril, Lauvergeon souligne qu’elle ne fait «pas ce livre pour soutenir un candidat». L'ex-dirigeant d'Areva revient aussi sur les motivations «baroques» du chef de l’Etat pour mettre fin à son mandat, sur les cinq erreurs graves que celui-ci a, selon elle, commises et sur sa proximité avec Henri Proglio:

«Saura-t-on un jour pourquoi le patron d'EDF a eu ainsi table ouverte à l'Elysée durant tout ce quinquennat? Regardez encore, la semaine dernière, les résultats de l'appel d'offres de l'Etat pour 10 milliards d'euros dans l'éolien offshore.»   

Sur France Inter, elle explique que sa volonté était de raconter à travers ce livre les «dérives d’un Etat actionnaire qui ne fait plus sont travail, qui ne soutient plus les intérêts stratégiques de la France» et comment Nicolas Sarkozy a défendu des intérêts privés avant ceux de la France en ayant mis en place un «système de clan».

G.F.

Grégoire Fleurot
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Journaliste
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