VOUS VOUS ÊTES TOUJOURS DEMANDÉ comment se passaient les visioconférences entre les chefs d’Etat
des grandes puissances de la planète, qui plus est entre deux hommes qui ne
maîtrisent pas la langue maternelle de l’autre? Alors ces images du début d’une visioconférence qui s'est tenue jeudi 12 avril entre Barack Obama et Nicolas Sarkozy va vous intéresser.
Les coulisses des
discussions entre dirigeants ne parviennent généralement au grand public qu’à
travers des bourdes, le plus souvent des micros mal éteints lors de sommets
internationaux, les images n’ont pas été volées: une équipe une caméra de France
2 a eu le droit de filmer les premiers instants de la conversation.
On peut y voir
Barack Obama, dont les propos sont traduits par un interprète, présenter ses condoléances
à Nicolas Sarkozy pour la mort de Richard Descoings, «un collègue important qui a très bien travaillé avec vous sur des
réformes de l’éducation».
Réponse du
président en français:
«Merci Barack, tu as toujours une pensée amicale
pour la France.»
On remarquera le tutoiement,
qui répond à celui de l’interprète de Barack Obama. Le président enchaîne en se
disant «admiratif du combat» que mène Nicolas Sarkozy pour sa réélection.
Réponse du chef de l’Etat français –dont les notes
en anglais lui ont fait louper le diplôme de Sciences Po– dans un anglais parlé avec un fort accent
franchouillard (qui rappellera à certains le fameux «The Yes needs the no» de Raffarin):
«We will win, Mr Obama. You and me.
Together.»
Après ces
amabilités protocolaires, le président américain embraye sur les questions de «l’Iran, du pétrole et de la Syrie».
Moment que choisissent les personnes chargées du protocole de Nicolas Sarkozy
pour faire sortir les journalistes de la salle.
L’équipe du président-candidat
veut bien dévoiler un peu des coulisses de l’Elysée pour souligner la proximité
et la bonne entente entre celui-ci et l’homme le plus puissant de la planète, et
ainsi montrer le contraste avec le manque de stature internationale de François
Hollande, qui a du
mal à se faire recevoir par les dirigeants internationaux. Mais elle n’est tout
de même par prête à sacrifier le secret des discussions sur un dossier aussi
sensible que l’Iran pour autant.
G.F.
À lire aussi sur Slate.fr:
On remarquera simplement que la vidéo est tronquée, coupée, au moment ou Obama réponds à Sarkozy, ainsi que le rire légèrement nerveux du président américain qui se rends très bien compte de l'utilisation médiatique que fait Nicolas Sarkozy de cette conférence ... pas sûr qu'il apprécie !
Quant au tutoiement, en anglais, ça n'a pas de sens ...
Je suis stupéfait que vous ne manifestiez pas davantage d'esprit critique ! Il s'agit ni plus ni moins que d'une opération de propagande électorale... Ça se voit comme le nez au milieu de la figure ! Franchement, on nous prend pour des enfants de choeur !
Cette médiatisation de la soit-disante complicité Obama-Sarkozy me fait plus penser, du point de vue Sarkozy, à un fan rencontrant sa rockstar préférée. Loin de lui donner une stature, à mes yeux ça renforce la dévalorisation de la fonction présidentielle et l'idée d'une France faible face aux puissants.
Au lieu de jouer au fanboy en essayant vainement de briller dans la cour d'école en disant "moi je connais untel" il ferait mieux de se comporter réellement en président.