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Ah! Si La France s'inspirait de Marseille, rêve le New York Times

Aurélia Morvan, mis à jour le 30.10.2013 à 15 h 31

Notre-Dame de la Garde - Marseille /styeb via Flickr CC License by

Notre-Dame de la Garde - Marseille /styeb via Flickr CC License by

QU'EST-CE QU'ÊTRE FRANÇAIS? s'interroge le New York Times, alors que Paris et Marseille, les deux villes les plus peuplées de France, sont si différentes.

«C'est une vieille énigme. De l'époque des Jacobins à l'actuelle cinquième République, les législateurs ont vigoureusement différé quant à savoir si la nationalité devait être déterminée par la naissance, la filiation, la durée de résidence ou l'assimilation.»

Cette réflexion arrive à la suite des propos de quatre députés de la Droite poulaire (Philippe Meunier, Jean-Paul Garraud, Lionnel Luca et Jacques Myard) affirmant que Mohamed Merah, auteur revendiqué de la tuerie de Toulouse, n'avait de français que ses papiers d'identité.

«Ces approches opposées de ce que cela signifie d'être français —l'un ancré dans un idéal sans compromis de l'assimilation, l'autre ancré dans les réalités du multiculturalisme— a touché une corde sensible chez moi», confie l'auteur, intrigué par l'ambiguïté entre «l'exclusion» régnant lui à Paris et la diversité de Marseille, une ville dont la France devrait «embrasser» l'exemple selon lui: «A l'automne de 2005, quand des émeutes ethniquement chargées consument la banlieue parisienne et se propagent à des dizaines d'autres cités et villes, la paix règne à Marseille.»

L'auteur explique cela par le fait qu'en région parisienne, les minorités sont «géographiquement ghettoïsées dans les banlieues», alors qu'à Marseille, elles sont «intégrées dans la vie quotidienne»:

«L'esprit marseillais de tolérance civilisée peut-il et doit-il se propager vers le nord?»

L'article parle d'un «état d'esprit d'exclusion palpable» en France et cite un chercheur qui explique que dans notre pays, on ne peut pas être «arabo-français»: «C'est idéologiquement impossible.»

En référence aux propositions de Nicolas Sarkozy en matière d'identité nationale et à Sanche de Gramont qui, en 1969, affirmait que pour être Français il fallait connaître le paradoxe de l'âne de Buridan, l'auteur ajoute que ce genre de conditions n'avaient sûrement pas été posées aux volontaires marseillais qui, se dirigeant vers la capitale en 1792, entonnaient La Marseillaise, devenue par la suite l'hymne national de la France.

A. M.

Aurélia Morvan
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