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Jean-Luc Mélenchon, l'homme providentiel?

Jean-Luc Melenchon le 6 avril à Paris, Gonzalo Fuentes / Reuters

Jean-Luc Melenchon le 6 avril à Paris, Gonzalo Fuentes / Reuters

DEPUIS QUELQUES SEMAINES, LA PRESSE ÉTRANGÈRE s’intéresse de près à Jean-Luc Mélenchon, baptisé par le Sunday Times «le Nouveau Robespierre». A côté d’un Hollande, «parangon du compromis» selon le Washington Post, et qui a «porté peu de ferveur révolutionnaire dans sa campagne», Jean-Luc Mélenchon fait figure de personnage plus pittoresque.

Mais personne à l’étranger ne semble particulièrement s’enthousiasmer pour le candidat du Front de Gauche, qui correspond, comme le souligne le New York Times, à la tradition d'une extrême-gauche très française.

Personne, sauf Mark Weisbrot, co-directeur du Center for Economic and Policy Research (CEPR), centre de recherche économique de Washington plutôt favorable aux démocrates. Il écrit dans le Guardian:

«Nicolas Sarkozy a réussi à faire de l’économie française une économie plus similaire à celle des Etats-Unis sur certains points (…) Il a aidé à faire en sorte que la France soit de plus en plus inégalitaire

Dans une tribune où il critique avec véhémence l’héritage de Nicolas Sarkozy, qu’il accuse d’avoir mis à mal les acquis sociaux, l’économiste souligne aussi que François Hollande se rapproche trop de son rival de droite.

«Bien sûr il y a de grandes différences entre les deux, mais si l’un d’eux mettait en place un programme d’austérité [tel qu’ils le prônent], alors que les économies française et européenne sont si faibles, il est presque certain que le chômage et d’autres problèmes économiques et sociaux ne feraient qu’empirer.»

Quel choix reste-t-il, pour cet Américain? Jean-Luc Mélenchon. Présenté comme l’homme providentiel par cet économiste américain, le leader de la gauche de la gauche est décrit comme «le seul dans cette course à comprendre les vrais choix économiques auxquels la France et l’eurozone doivent faire face».

Mark Weisbrot liste ensuite avec enthousiasme quelques propositions économiques de Mélenchon: des prêts à taux très faible accordés aux Etats, dont la France, par la BCE, la réduction du temps de travail, l’augmentation du smic à 1.700 euros, l’augmentation des impôts pour les riches… Pour conclure qu’il n’aura jamais été aussi pertinent que maintenant de s’autoriser un «vote audacieux».

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