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Un président doit-il parler anglais?

Temps de lecture : 2 min

Nicolas Sarkozy le 10 avril 2012 à Drancy. REUTERS/Philippe Wojazer
Nicolas Sarkozy le 10 avril 2012 à Drancy. REUTERS/Philippe Wojazer

COMME LE RELÈVE LE SITE FRANCETV.INFO, l’organisme d’apprentissage de langue Wall Street Institute a décidé d’offrir au prochain président des cours d’anglais, «pour lui permettre d’assurer son rôle de représentant international du mieux possible».

Dans une tribune sur Slate.fr, Jacques Attali expliquait d’ailleurs en juin dernier que parmi les qualités indispensables d’un président, comptait celle de «parler au moins parfaitement l’anglais».

Le président complexé

Ce n'est d’ailleurs pas le fort de Nicolas Sarkozy –ce sont ses notes en anglais qui lui ont fait louper le diplôme de Sciences Po, raconte sa biographe Catherine Nay. Et ce manque d’aptitude pour la langue de Kate et William fait partie de ses complexes, explique Rue89. «Une journaliste, qui travaille pour un grand quotidien anglais, a eu l’occasion de suivre Nicolas Sarkozy dans ses déplacements à Londres. Elle a des tas d’anecdotes en stock qui montrent à quel point Nicolas Sarkozy semble complexé de son niveau d’anglais.» Rue89 revient ainsi sur les conversations de Tony Blair (parfaitement francophone) et Nicolas Sarkozy, qui se tenaient toujours en français, sauf lorsque des caméras de journalistes étaient à proximité. Comme nous le racontions en 2009, Tony Blair avait un jour salué en public les progrès linguistiques de «Nicolas Sarkozy, avec qui je parle en français et qui répond maintenant en anglais!».

«Carla Bruni-Sarkozy s'en moque régulièrement», poursuivait notre chroniqueuse. «Il y a quelques semaines [toujours en 2009], lors d'une raclette-party à l'Elysée, elle imite à table l'accent français de son mari. “Quand même!, rétorque son président de mari, maintenant ça va mieux en anglais, j'arrive à parler et à me faire comprendre!”. Et Patrick Balkany, ami et convive du soir: “C'est pas un exploit, ça fait trente ans que tu prends des cours particuliers!”.»

Il n’est pas dit que des cours dispensés par le Wall Street Institute puissent quoi que ce soit pour le président actuel. Mais peu importe finalement. «Cela m’amuse toujours d’associer, dans la même phrase, "hommes politiques" et "anglais"», déclare Christian Delporte professeur d'histoire contemporaine, spécialiste de la communication politique, à FranceTV.info. Mais je ne pense pas que cela soit un handicap. En effet, un candidat à la présidentielle s’adresse et recherche la proximité avec le public français, qui, comme chacun sait, ne maîtrise pas l’anglais. Cependant, parler anglais peut être un avantage. Cela apporte une stature internationale et une image de modernité.»

Slate.fr

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