France / Politique

Sarkozy cogne Hollande dans une interview-compilation

Temps de lecture : 2 min

Nicolas Sarkozy en meeting à Saint-Raphaël (Var) le 7 avril 2012. REUTERS/Claude Paris/Pool.
Nicolas Sarkozy en meeting à Saint-Raphaël (Var) le 7 avril 2012. REUTERS/Claude Paris/Pool.

NICOLAS SARKOZY A ACCORDÉ AU JOURNAL DU DIMANCHE une interview en forme de compilation de sa campagne électorale. Après une première réponse pour proposer deux débats d'entre-deux-tours, comme Valéry Giscard d'Estaing en 1981, il cogne tout du long sur François Hollande, et ses phrases assassines rappellent d’autres formules de ses interviews ou meetings précédents, depuis son entrée en campagne du 15 février.

Sur la campagne en elle-même: «Le marronnier de la vie politique, c’est de dire que la campagne n’intéresse pas. Pour ma part, je dirais même que la mobilisation est plus forte que ce que j’ai connu, lors de la précédente campagne. Je sens monter la vague…» Jeudi dernier, lors de la présentation de son programme, il avait déjà employé ce mot de «vague».

Sur les projets fiscaux de la gauche: «Nous avons une différence fondamentale, il veut moins de riches, je veux moins de pauvres.» Une formule qu’il avait quasiment employée au mot près le 8 mars lors d’une réunion publique à Saint-Just-Saint-Rambert (Loire): «La grande différence entre François Hollande et moi, c'est que lui veut moins de riches en France. Alors que je veux moins de pauvres en France.» Il accuse également son adversaire de proposer des mesures qui vont désavantager les classes moyennes, fidèle à ce qui avait été l’un de ses premiers angles de tir, avec la dénonciation d’une «attaque sans précédent» contre lesdites classes moyennes fin janvier.

Sur les accusations de la gauche sur l’affaire Bettencourt: «Je ne recevrai pas de leçon de celui qui a été premier secrétaire du PS pendant dix ans, et qui devra rendre des comptes sur le fait que ses trois principales fédérations aient maille à partir avec la justice, dans l’Hérault, le Pas-de-Calais et les Bouches-du-Rhône. […] Je rappelle que le PS voulait se rassembler avec enthousiasme derrière Dominique Strauss-Kahn.»

Déjà jeudi, sur RTL, il avait estimé qu’il faudrait demander à François Hollande «pourquoi, en dix ans de parti socialiste, il a pu laisser la fédération des Bouches-du-Rhône avec un système mafieux de financement». Lors de son débat avec Laurent Fabius, le 6 mars, à Des paroles et des actes, il lui avait déjà lancé: «Je n'ai pas beaucoup de leçons de style à recevoir de quelqu'un qui militait pour que Dominique Strauss-Kahn soit le prochain président de la République française.»

Sur la gauche en général: «Il y a une gauche sincère, mais il y a aussi une gauche donneuse de leçons qui se complaît dans la contradiction» sur l’insécurité ou l’éducation, car elle «vit dans les quartiers sans insécurité» et «met ses enfants dans des écoles de privilégiés». Des critiques qui sont identiques à celles exprimées en meeting dans le Var samedi.

«Cette gauche critique le bonus d’un grand patron? Ce sont ses amis qui l’ont voté en conseil d’administration», ajoute Nicolas Sarkozy. Une référence à l’affaire Maurice Lévy, qu’il avait déjà abordée le 29 mars à Nîmes: «La rémunération de ce grand patron est effectivement choquante mais ce qui est encore plus choquant, M. Hollande, c'est que les actionnaires qui ont décidé de [cette] rémunération, ce sont vos amis!»

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