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Eva Joly et les conflits d'intérêts

Grégoire Fleurot, mis à jour le 05.04.2012 à 18 h 32

La candidate d'EE-LV, qui mène depuis des années un combat contre la corruption, est de loin la plus exhaustive dans sa déclaration d'intérêts.

Eva Joly lors d'un discours à Roubaix le 11 février 2012, REUTERS/Pascal Rossignol

Eva Joly lors d'un discours à Roubaix le 11 février 2012, REUTERS/Pascal Rossignol

Slate.fr a pris le relais de l'ONG Transparence International France en sollicitant les candidats à l'élection présidentielle pour qu’ils publient leur déclaration d’intérêts, un document qui permet de s’assurer que, dans le cadre d’une décision publique, des intérêts personnels n’interviennent pas pour fausser l’impartialité des décideurs. Si une telle situation se présente, elle est détectée grâce à la déclaration d’intérêts et la personne concernée doit s’abstenir de participer à la décision. La publication d’un tel document permet aussi de protéger les décideurs publics contre les soupçons d’un mélange des genres.

Nous avons réalisé une fiche pour chacun des candidats regroupant leurs opinions sur la question de la lutte contre les conflits d'intérêts, leur déclaration (quand elle a été envoyée) et ce qu'ils ont «oublié» de déclarer. Envoyez-nous toute information sur des intérêts que nous aurions omis dans cette fiche à infos @ slate.fr.

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Sa fiche Wikipol


Ce qu’Eva Joly a dit sur les conflits d’intérêts

La lutte contre la corruption et les conflits d’intérêts est un combat qu’Eva Joly a mené tout au long de sa carrière dans la justice puis dans la politique, aussi bien en France qu’en Norvège et au niveau européen. Elle a d’ailleurs reçu le prix de l'intégrité de l'ONG Transparency international en 2001. Dans son programme de campagne, elle propose une mesure concrète et forte à ce sujet:

«Pour lutter contre les conflits d’intérêts, sera garantie la transparence des rémunérations et des déclarations d’intérêts des élus, ministres et membres de cabinet, magistrats, fonctions de direction dans l’État et les entreprises du secteur public, ainsi que des experts consultés par des organismes d’État. Les règles de prévention des conflits d’intérêts dans le passage du public au secteur privé seront renforcées. La peine pour les élus condamnés pour corruption sera portée à 10 ans d’inéligibilité.»

Eva Joly a signé les sept propositions de Transparence international France pour une nouvelle culture politique, expliquant en ce qui concerne la prévention des conflits d’intérêts:

«Pour restaurer la confiance des citoyens et lutter contre les conflits d’intérêts, il est indispensable que des déclarations d’intérêts les plus précises possibles soient rendues publiques. Il est également nécessaire que ces déclarations soient vérifiées, et que les déclarations fausses ou insuffisantes soient sanctionnées, ce qui n’est pas le cas actuellement.»

Sa déclaration d'intérêts

La déclaration d’intérêt d’Eva Joly, disponible sur le site de Transparence international France, est de loin la plus complète de tous les candidats à l’élection présidentielle. Dans la section «activités professionnelles», elle déclare ses mandats d’élue (députée européenne, présidente de la Commission du développement du Parlement européen) et détaille les revenus liés à ces activités, ce qu’elle est la seule à avoir fait:

«Indemnité parlementaire mensuelle: 6.080,33 euros/mois (après impôt communautaire, au niveau européen, mais avant complément d’impôt national). 1.800 euros de cette somme sont automatiquement reversés à Europe Ecologie Les Verts.

 Et Indemnité journalière (versée uniquement les jours de présence au Parlement): 298  euros (couvre les frais d’hébergement et de restauration).»

Elle détaille aussi de manière précise ses activités professionnelles de ces cinq dernières années: conseillère auprès du Procureur spécial en charge de l’investigation pénale portant sur la crise bancaire islandaise en 2009-2010, contributrice régulière de l’hebdomadaire norvégien Morgenbladitt à la même période, conseillère spéciale au sein de l’Agence norvégienne pour le développement placée sous l’autorité du ministre du Développement (poste qu’elle quitte lors de son élection au parlement européen).
 
Le souci de transparence de la candidate d’Europe Ecologie-Les Verts est manifeste, et elle précise même qu’elle a animé un réseau d’enquêteurs et de juristes internationaux, le Network, de manière bénévole. Eva Joly assure aussi ne jamais avoir «travaillé pour une entreprise, qu’elle soit française ou étrangère, qui soit liée d’une façon ou une autre (contrats, “partenariats public-privé”, intérêts dans le secteur  public, BTP, armement, etc.) à quel qu’Etat que ce soit».

Elle déclare enfin les activités de ses enfants: «Mon fils est architecte indépendant et ma fille est avocate indépendante.»

Ce qu'elle n'a pas déclaré

Eva Joly avait déjà démontré son souci de transparence en étant la plus exhaustive des candidats à l’élection présidentielle lorsque nous avions demandé à chacun d’entre eux une déclaration de patrimoine. Cette fois-ci encore, sa déclaration d’intérêt est à notre connaissance très complète.

Néanmoins, Eva Joly déclare qu’elle est depuis 2009 «professeur 2 (équivalent de professeur associé) à l’université de Tromsoe (Norvège)», un «poste rémunéré» sans plus de précisions, et qu’elle «publie régulièrement des livres aux éditions Les Arènes» sans préciser non plus combien cela lui rapporte.

Grégoire Fleurot

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