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François Hollande, «petit Chirac de gauche» pour les Allemands

Annabelle Georgen, mis à jour le 03.04.2012 à 15 h 39

Jacques Chirac, le 5 novembre 2010. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Jacques Chirac, le 5 novembre 2010. REUTERS/Gonzalo Fuentes

ÇA S'EST PASSÉ UN SAMEDI DU MOIS DE JUIN 2011. Dans le musée du président Chirac, sur les collines de Corrèze, lors du vernissage d'une exposition d'art chinois.

Sur le chemin du musée, Chirac parle de l'élection de 2012, et devant les caméras et les micros, déclare: «Je peux dire que je voterai Hollande», provoquant l’ire de Nicolas Sarkozy, la gêne chez les socialistes.

Maintenant qu'Hollande est candidat, Bernadette Chirac soutient le président sortant, tandis que son mari se tait, publiquement en tout cas. En Corrèze, personne ne doute du fait que Chirac a vraiment dit ce qu'il pensait l'an dernier.

Les gens sont frappés par la ressemblance entre Hollande et Chirac désormais, même s'ils ne sont pas dans le même camp, explique le Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui s'est livré à une enquête de voisinage à Tulle, siège du Conseil général de la Corrèze, que préside le candidat socialiste.

«François est arrivé en costume-cravate, mais il avait l'air d'un écolier. Qu'il est jeune, avons-nous pensé», se souvient un ancien militant PS, Claude Manoux, 31 ans après l'arrivée d'Hollande en Corrèze. Dans la feuille de choux du parti, Hollande se présente alors comme «un énarque du PS qui s'attaque au règne de Chirac!».

Pour le conseiller général Pierre Diederichs, qui connaît Hollande depuis ses débuts en politique, le candidat à la présidentielle a beaucoup appris de Chirac:

«Il va à la rencontre des gens, il serre les mains et ça ne le dérange pas de faire la bise aux personnes âgées

Il estime également que comme Chirac, Hollande a conservé un feeling pour les soucis et les misères des petites gens. Il serait connecté à la province.

Sur un plan culinaire, Hollande serait toutefois plus flexible que Chirac, estime Jean Poumier, 84 ans, propriétaire du Café Central. Autour d'une bouteille de Bergerac, il explique au journaliste du FAZ, son seul client ce soir-là, que le socialiste mange ce qu'on lui sert, alors que Chirac demandait toujours de la tête de veau. Hollande aurait par contre un faible pour les desserts au chocolat, mais il y renonce déjà depuis un certain temps.

À Tulle, Hollande jouit d'une bonne estime, même dans le camp adverse, pour tout ce qu'il a fait pour la ville pendant son mandat de maire. Michel Paillassou, président de la Fédération UMP de Corrèze:

«Quand Nicolas Sarkozy est venu ici il y a un an, je l'avais déjà mis en garde contre Hollande. Aujourd'hui on voit quelles difficultés il lui a préparé.»

Il estime que le soutien de Chirac à Hollande serait en fait «une entente polie entre les deux pour veiller à leurs intérêts respectifs», faisant référence au fait que le socialiste, bien qu'il ait obtenu la majorité au Conseil général, continue de financer l'onéreux musée du président Chirac.

En 1981, le secrétaire du Parti socialiste local avait déclaré à Paris qu'il cherchait «un petit Chirac de gauche» pour affronter le candidat de la bourgeoisie, rappelle le FAZ, qui estime que ce vœu, 30 ans plus tard, est désormais exaucé.

Annabelle Georgen
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Journaliste
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