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En 2007, les marchés pariaient sur les amis de Sarkozy

Grégoire Fleurot, mis à jour le 30.03.2012 à 19 h 31

Le Fouquet's à Pairs, 	REUTERS/Charles Platiau

Le Fouquet's à Pairs, REUTERS/Charles Platiau

LES MARCHÉS ONT-ILS FAVORISÉ les entreprises dont les patrons étaient des «proches» de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle de 2007, quand tous les sondages annonçaient une victoire probable du candidat de l’UMP? C’est la question que se sont posée Renaud Coulomb et Marc Sangnier, deux chercheurs de l’Ecole d’économie de Paris.

Pour ce faire, ils ont dressé la liste des «personnes qui étaient invitées à fêter l’éventuelle victoire de Nicolas Sarkozy au Fouquet’s le 6 mai 2007», expliquent-ils au JDD, et des entreprises qu’elles dirigeaient: LVMH, Generali, Bolloré, Bouygues, Havas, Dassault, JC Decaux, Barrière, Ipsos, Alstom, etc.

Une fois identifiées les entreprises aux patrons «proches» du candidat UMP, ils ont étudié «la corrélation éventuelle entre les cours boursiers» de ces entreprises et «les probabilités de victoire de Nicolas Sarkozy du 1er janvier au 22 avril 2007». Probabilités fondées sur l’analyse des cotes d’un important site de paris politiques.

Résultat: les entreprises dirigées ou détenues par les amis les plus proches de Nicolas Sarkozy ont bien vu leur valeur s'accroître de près de 7 milliards d'euros sur la période étudiée, ce qui tend à montrer que les cours de Bourse ont pris en compte les amitiés entre le probable vainqueur et les grands patrons. Autre découverte: «les entreprises censées bénéficier de ses promesses économiques ont également vu leur capitalisation augmenter», mais dans une moindre mesure que celles dirigées par des proches de Nicolas Sarkozy.

La publication de cette étude intervient quelques semaines après le mea culpa de Nicolas Sarkozy sur sa soirée controversée de victoire en 2007 au Fouquet's, restaurant chic sur les Champs-Elysées. Sur le plateau de l’émission «Des paroles et des actes» sur France 2 mardi 6 mars, il avait déclaré qu’il fêterait une éventuelle victoire en mai 2012 «avec ceux que j'aime, avec ma femme et mes enfants et peut-être avec quelques amis»:

«Ça aurait dû être le couronnement de ma vie, professionnelle en tout cas. Je dois dire qu'une partie de ma tête était consacrée à d'autres problèmes, j'étais troublé.»

Le 22 février déjà, Nicolas Sarkozy avait déjà esquissé des regrets, déclarant en butant sur les mots:

«Si c'était à refaire, je ne referais... ne reviendrais pas dans ce restaurant, puisque que ça a été vraiment le feuilleton.»

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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