EN CETTE FIN DE QUINQUENNAT, l’ONG Transparence
International France a demandé à quatre éditorialistes d’analyser le
bilan de Nicolas Sarkozy en matière de transparence, d’intégrité et de lutte
contre la corruption. Plusieurs grands thèmes sont examinés, à
commencer par la «République irréprochable» prônée par le Président au début de
son mandat.
Pour Hervé Gattegno, rédacteur en chef du Point, cet
objectif est utopiste:
«La République n’est jamais irréprochable en France, et ce n’est
pas son objet. […] Il y a beaucoup d’imperfections. […] On a toujours le
sentiment que sur les sujets de fond, qui touchent aux principes et à la vertu
comme disait Montesquieu, on n'y arrive pas.»
Thomas Legrand, éditorialiste politique à France Inter et
contributeur de Slate.fr, a suivi avec attention durant ce quinquennat cette
notion de République irréprochable, et dresse un constat sans appel. Pour lui, malgré
quelques avancées comme «le rôle de la
Cour des comptes qui peut maintenant aller regarder ce qu’il se passe à l’Elysée»,
c’est «une des promesses qui n’a pas été
tenue».
Autre thème abordé, celui de la justice, un domaine sur
lequel les éditorialistes sont divisés. Hervé Gattegno estime que nous n’avons
pas assisté à une «dégradation de l’indépendance
de la justice sous Nicolas Sarkozy». Un avis que ne partage pas Laurent
Joffrin, directeur de la rédaction du
Nouvel Observateur:
«Il est normal que l’exécutif
oriente la politique judiciaire. Ce qui est moins normal, c’est qu’il
intervienne dans les affaires particulières. […] On voit bien que c’est utilisé
à d’autres fins, et notamment pour la protection d’amis politiques.»
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