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La France vit dans le déni économique pour The Economist

Grégoire Fleurot, mis à jour le 30.03.2012 à 12 h 02

Capture d'écran du site de The Economist

Capture d'écran du site de The Economist

LE PRESTIGIEUX HEBDOMADAIRE BRITANNIQUE THE ECONOMIST consacre cette semaine sa une à l’élection présidentielle française avec un constat sans appel: les candidats, et à travers eux les électeurs français, sont dans le déni des sérieux problèmes économiques du pays.  

Selon le magazine, connu pour sa défense sans relâche du libre échange et de la liberté des marchés depuis plus de 150 ans, la France est le dernier grand pays européen à n’avoir pas pris les mesures drastiques de rigueur budgétaire et de diminution des impôts nécessaires pour sortir de la crise que connaît le continent. Pire, aucun des candidats ne propose de remédier aux problèmes économiques du pays.

Et de citer la proposition de Nicolas Sarkozy de lier l’impôt à la nationalité pour lutter contre l’exil fiscal, sa menace de quitter l’espace Schengen ou ses attaques contre l’immigration et la viande halal. Le jugement n’est pas plus tendre pour François Hollande et ses 60.000 postes supplémentaires dans l’Education nationale, son retour à la retraite à 60 ans pour les métiers pénibles ou sa proposition d’impôt à 75% sur les très grandes fortunes.

Car si l’hebdomadaire concède que la France reste en meilleure santé économique que beaucoup de ses voisin avec une main d’œuvre éduquée et productive, de nombreuses grandes entreprises de classe mondiale et un réel savoir-faire dans les services et la manufacture haut de gamme, il considère que les perspectives sont très sombres: la dette est à 90% du PIB et continue d’augmenter, les dépenses publiques ramenées au PIB sont les plus hautes de la zone euro, le chômage ne baisse pas, les exportation stagnent…

Si des réformes drastiques ne sont pas entreprises, la France pourrait se retrouver au centre de la prochaine crise européenne selon le journal, qui consacre un deuxième article à ce sombre constat économique et à son absence de la campagne.

Preuve de la sévérité du constat de The Economist, le journal, qui a l’habitude de prendre position dans les grandes élections comme pour Sarkozy en 2007, Bill Clinton et Barack Obama aux Etats-Unis ou Margaret Thatcher et Tony Blair au Royaume-Uni, ne se prononce pas sur l’élection imminente française. Il avait soutenu Manuel Valls lors de primaire socialiste de 2011.

L’avis désabusé du Economist sur la campagne présidentielle française ne l’empêche pas de suivre avec attention son déroulement, et de proposer des outils de qualité pour mieux la comprendre comme ce diaporama sur les cinq principaux candidats ou cette vidéo interactive très claire et instructive:

Grégoire Fleurot
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