Économie / Politique

Crise de la dette: le succès du «placement Sarkozy» salué par le New York Times

Temps de lecture : 2 min

Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 9 décembre 2011. REUTERS/Philippe Wojazer.
Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 9 décembre 2011. REUTERS/Philippe Wojazer.

QU’ELLE L’APPELLE «NICOLAS LE PEN», déplore son glissement supposé à l'extrême droite, le compare à Mitt Romney ou Richard Nixon ou lui dise quasiment «Adieu», la presse américaine a souvent la dent dure avec Nicolas Sarkozy en cette période d’élection présidentielle. Mais pas cette fois-ci. Au contraire: le New York Times salue le succès d'une de ses idées. «Oubliez Zou Bisou Bisou» (un single yé-yé utilisé dans le premier épisode de la nouvelle saison de Mad Men), lance le quotidien, «le placement Sarkozy est le nouveau produit français qui s’exporte».

Le placement Sarkozy? Une idée lancée par le président de la République en fin d’année dernière, quand il a suggéré aux banques d’investir l’argent prêté à taux bas par la Banque centrale européenne dans de la dette d’Etat bénéficiant d’un taux plus élevé, aidant ainsi les pays européens à placer leurs bons du Trésor.

Le 9 décembre, lors d’un sommet européen à Bruxelles, le président français avait ainsi expliqué à la presse, selon Reuters, que l’argent fourni par la BCE «signifiait que chaque Etat pouvait se tourner vers ses banques, qui auront des liquidités à leur disposition». Comme l’explique l’agence de presse, les marchés avaient surnommé cette pratique le «Sarkozy trade».

Or, selon des chiffres publiés mercredi 28 mars par la Banque centrale européenne, les banques italiennes ont en effet acheté près de 46 milliards d’euros de dette européenne en janvier et février, quatre fois plus que sur tout le second semestre 2011. Pour les banques espagnoles, le chiffre est de près de 39 milliards, trois fois plus que sur le second semestre.

Pour la France, il n’est que de 6,5 milliards, mais le chiffre était carrément négatif sur le second semestre. Une bonne affaire pour les banques, mais aussi pour les Etats: début février, l’agence Bloomberg expliquait que l’idée avancée par Nicolas Sarkozy avait contribué à maintenir à la baisse le taux des obligations françaises.

«Si Nicolas Sarkozy perd l’élection présidentielle française, il pourrait vouloir se lancer dans un hedge fund», affirme le New York Times avec une pointe d’ironie. Le site d’information financière Value Walk arrive à la même conclusion dans un article titré: «Sarkozy, président dans un premier temps, investisseur de génie ensuite.»

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