France

Piste Mohammed Merah: «Pourquoi a-t-il fallu attendre neuf jours?»

Temps de lecture : 2 min

Des CRS bloquent la rue de l'immeuble où est retranché Mohammed Merah, 21 mars. REUTERS/ Jean-Paul Pelissier
Des CRS bloquent la rue de l'immeuble où est retranché Mohammed Merah, 21 mars. REUTERS/ Jean-Paul Pelissier

Mohammed Merah, toujours encerclé par les forces du Raid dans un immeuble de l’est de Toulouse mercredi en début de soirée, pourrait se rendre «en fin de soirée», a affirmé François Molins, le procureur de Paris. Alors que semble se dessiner l’épilogue des tueries de Toulouse et de Montauban des 11, 15 et 19 mars, plusieurs éléments viennent semer le trouble sur la façon dont l’enquête a été conduite.

Un suspect connu «depuis des années»

«Le suspect était connu par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) depuis plusieurs années», a déclaré Claude Guéant mercredi 21 mars en fin de matinée, ajoutant toutefois «qu'aucun élément indiquant qu'il préparait une action criminelle n'était apparu». Une manière de dire que la police n’a pas été prise au dépourvu et qu’elle gardait un œil sur les différents activistes susceptibles de commettre des actes violents dans le pays.

A la question de savoir si des morts auraient pu être évitées, le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a répondu:

«Je ne pense pas, sauf à transformer la France en Etat policier.»

Cependant, plusieurs éléments montrent que les enquêteurs auraient étudié la piste de Mohammed Merah dès le 11 mars, date du meurtre du militaire Imad Ibn Ziaten à Toulouse.

Un rendez-vous avait en effet été donné au soldat qui avait mis en vente sa moto sur Internet. Il s’agissait en réalité d’un piège tendu par le meurtrier. A partir des adresses IP des personnes ayant répondu à l'annonce publiée sur le Bon Coin, les enquêteurs ont pu remonter jusqu'à la mère du suspect.

Un recoupement anormalement long?

Or, le nom de Mohammed Merah «était inscrit sur le fichier du Stic (système de traitement des infractions constatées) entre 16 et 18 fois pour des faits mineurs. Ce qui est énorme», interpelle Didier Hassoux, journaliste au Canard Enchaîné et auteur d’une enquête sur Bernard Squarcini, le chef de la DCRI, interviewé par les Inrocks.

«A cela s'ajoute le fait qu'il était également inscrit sur Cristina (Centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et des intérêts nationaux), le fichier de la DCRI.»

Pourtant, d’après François Molins, la piste des frères Merah n’a été véritablement privilégiée qu’à partir du 20 mars. «Pourquoi a-t-il fallu attendre neuf jours?», s’interroge Didier Hassoux, «surtout si la DCRI annonce connaître cet individu depuis des années comme un terroriste potentiel».

Le recoupement des informations disponibles a-t-il été trop long? Une fois le tueur neutralisé, une nouvelle phase, certainement plus longue, risque en tout cas de s’ouvrir, durant laquelle les forces de police devront peut-être répondre à ces interrogations.

M. P.

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