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Fusillade de Toulouse: la trêve politique est rompue

Slate.fr, mis à jour le 20.03.2012 à 16 h 38

François Hollande à l'école Jean-Jaurès du Pré-Saint-Gervais, le mardi 20 mars 2012. REUTERS/Philippe Wojazer.

François Hollande à l'école Jean-Jaurès du Pré-Saint-Gervais, le mardi 20 mars 2012. REUTERS/Philippe Wojazer.

LA TRÊVE POLITIQUE AURA DURÉ MOINS DE 24 HEURES APRÈS LA TUERIE DE TOULOUSE. Les minutes de silence observées par plusieurs candidats (dans une école du IVe arrondissement de Paris pour Nicolas Sarkozy, du Pré-Saint-Gervais pour François Hollande) ou encore par les députés et les sénateurs ont laissé place à des soupçons de récupération.

Nicolas Sarkozy a officiellement suspendu sa campagne jusqu’à mercredi au moins et se rendra mardi après-midi à Roissy pour rendre hommage aux victimes avant le rapatriement des corps en Israël. Mais ses propos tenus aux jeunes du collège-lycée François-Couperin mardi matin («Nous sommes tous concernés par ce qui s’est passé. […] Ca s’est passé à Toulouse, dans une école confessionnelle, avec des enfants de familles juives, mais ça aurait pu se passer ici») ont choqué certains élus de l’opposition.

«Je pense, M. le Président, qu'on ne parle pas ainsi à des enfants. Le devoir des adultes c'est protéger pas angoisser», a déclaré sur Twitter la chef de file des Verts Cécile Duflot, tandis que le député PS Olivier Dussopt a, sans mentionner le chef de l’Etat, appelé par le même canal à «veiller à ce que les hommages ne soient pas traumatismes... surtout pour les plus petits. Et sans récupération».

«Des mots qui influencent, qui pénètrent»

François Hollande, qui a annoncé la suspension de sa campagne «pour quelques heures, pour quelques jours», a estimé mardi matin sur BFM TV et RMC qu’«il y a des mots qui influencent, qui pénètrent, qui libèrent, ceux qui ont des responsabilités doivent maîtriser leur vocabulaire».

Le candidat socialiste, qui doit tenir mercredi un meeting à Carmaux, terre d’élection de Jean Jaurès, a été pris pour cible dans un communiqué par Lionnel Luca, député UMP du collectif Droite populaire: «Tous les candidats [sic] ont déclaré suspendre la campagne électorale. Tous, sauf un: le candidat socialiste qui était, comme prévu, interviewé sur RMC-BFMTV ce matin!», a-t-il affirmé, ciblant un comportement «indécent». Le chef de file des députés socialistes Jean-Marc Ayrault a lui estimé que «ceux qui voudraient instrumentaliser de tels événements en porteraient la responsabilité».

D’autres candidats, eux, ont justifié leur décision de poursuivre la campagne. Intervenant depuis la gare du Nord devant la presse, Jean-Luc Mélenchon a estimé que poursuivre la campagne constituait «un acte de résistance morale, intellectuelle et affective»:

«C'est montrer qu'en toutes circonstances, la vie l'emporte sur la mort.»

Nathalie Arthaud a elle qualifié sur Radio Classique les évènements de «barbares et horribles» mais expliqué qu’elle ne voulait pas s’associer à une «comédie» d’«union nationale», précisant dans un communiqué qu’elle ne sentait «aucune "solidarité nationale" avec Marine Le Pen, Sarkozy, Guéant et bien d'autres».

«Pas une parenthèse de trois jours»

François Bayrou a de son côté estimé, lors d’un déplacement à Valence, que «ce n'est pas avec une parenthèse de trois jours» qu’on réglera les problèmes d’intolérance en France. Le candidat centriste a été pris pour cible par le député UMP de Paris Bernard Debré, qui a estimé, lors du Talk Orange/Le Figaro, qu’il avait tenu lundi soir, lors d’une réunion publique à Grenoble, des propos «absurdes» et motivés par l’envie de «se montrer», et par Alain Juppé, qui a appelé sur France 2 à ne pas ajouter «l'ignoble à l'horrible».

Yann Wehrling, le porte-parole du candidat du MoDem, a lui estimé que l’ancien Premier ministre avait «mal compris» son chef de file, et un autre candidat, Nicolas Dupont-Aignan, a jugé «ridicules» les déclarations du maire de Bordeaux et estimé que «la compassion n'est pas incompatible avec le fait de faire campagne pour exprimer sa vision de la France».

Depuis la préfecture de l’Isère, François Bayrou avait estimé lundi soir que «dans la société française ce type d'atteintes, d'attentats, d'actes se multiplient» et que «ce n'est pas un bon service à rendre à la société française que de passer son temps à opposer même artificiellement, même électoralement, les gens les uns aux autres».

Le Front national, enfin, se montre plutôt discret sur le dossier, comme le note Le Monde, qui mentionne que «le parallèle éventuel avec l'affaire de Carpentras, où des skinheads néonazis avaient profané un cimetière juif, en 1990, occupe les esprits». 

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