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Fusillade de Toulouse: premières polémiques sur l'instrumentalisation politique

Slate.fr, mis à jour le 20.03.2012 à 11 h 17

François Bayrou à la synagogue de Toulouse, lundi 19 mars. REUTERS/Jean-Philippe Arles.

François Bayrou à la synagogue de Toulouse, lundi 19 mars. REUTERS/Jean-Philippe Arles.

Plusieurs responsables de gauche ont été sifflés ou contestés lundi soir lors des rassemblements à Paris. François Bayrou a lui maintenu une réunion publique lundi soir à Grenoble, suscitant les critiques d'Alain Juppé.

COMMENT EN PARLER? Face à la tuerie de Toulouse, les candidats à la présidentielle réagissent différemment. Nicolas Sarkozy, qui a annoncé qu’il suspendait sa campagne jusqu’à mercredi, a tout annulé —en l’occurrence un passage sur France Info et un meeting à Orléans.

François Hollande a lui annulé son grand meeting de Rennes mardi soir mais a maintenu son interview sur RMC et BFM TV mardi matin. Il a indiqué «ne pas vouloir faire d’analyse des causes, ce n’est pas le moment; nous y reviendrons, sur ce qui existe dans la société française». «Il n'y a pas de raison de penser qu'un candidat en fera une utilisation partisane. [...] Je ne veux pas croire que quiconque essaiera d'instrumentaliser un malheur. Je ne veux même pas l'imaginer», a-t-il ajouté, précisant que, comme le président de la République, il se rendrait ce matin dans un établissement scolaire pour observer la minute de silence, mais sans préciser lequel.

Le «monde pourri» de Mélenchon

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon a lui publié un long post intitulé «De la fête aux larmes», dont le premier paragraphe est consacré à la tuerie:

«Rien ne serait plus obscène, selon ma manière d’être, que d’imposer le fracas et les bousculades de la campagne présidentielle aux familles et aux enfants qui vivent cette horreur. Chacun choisi [sic] sa façon de dire.»

Il appelle ensuite les «citoyens policiers» à mettre «les bouchées doubles» au nom «de la paix civile». Puis consacre plusieurs paragraphes à la manifestation de dimanche à la Bastille, avant de conclure:

«Le monde pourri où l’imaginaire d’un misérable détraqué prend pour cible des enfants finira.»

Comme le raconte le Nouvel Observateur, la présence du candidat du Front de gauche à la marche silencieuse parisienne de lundi soir a été contestée, tandis qu'Eva Joly, Cécile Duflot et Martine Aubry ont été huées à la synagogue Nazareth, où étaient réunis la plupart des responsables politiques. 

«Ceci n'est pas un meeting» (Bayrou)

François Bayrou a lui maintenu sa réunion publique à Grenoble lundi soir, expliquant:

«Ceci n'est donc pas un meeting, ce n'est donc pas une réunion électorale, c'est pour moi une très importante réunion de réflexion nationale.»

Une réunion au cours de laquelle il a tenu un discours politique: 

«Naturellement, en tout cas je l'espère de tout mon cœur, c'est le résultat d'une folie furieuse comme il en existe, comme il s'en rencontre partout assez souvent dans les pays. Mais ce que je crois profondément, c'est que ce type de folie s'enracine dans l'état d'une société et ce qui me frappe depuis longtemps, c'est que dans la société française ce type d'atteintes, d'attentats, d'actes se multiplient. […] Il y a un degré de violence, de stigmatisation dans la société française qui est en train de grandir, et c'est purement et simplement inacceptable. […] Les hommes politiques […] ont le devoir […] de veiller à ce que les tensions, les passions, les haines ne soient pas à chaque instant entretenues, à chaque instant encouragées et ne flambent pas. […] Ce n'est pas un bon service à rendre à la société française que de passer son temps à opposer même artificiellement, même électoralement, les gens les uns aux autres.»

Un discours qui a suscité une réplique du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, mardi matin sur France 2:

«N'ajoutons pas l'ignoble à l'horrible, n'essayons pas de tirer parti dans un sens ou dans l'autre, dans quelque direction que ce soit, de ce drame qui n'a rien à voir avec la campagne électorale naturellement.»

A signaler enfin que l’un des dix qualifiés pour le premier tour de la présidentielle, Jacques Cheminade, tire déjà des leçons du drame: interviewé sur Canal mardi matin, il a estimé que «très souvent les meurtres de masse sont associés à des jeux vidéo violents», appelant à les interdire car ils contribuent à créer «un climat».

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