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Fusillade de Toulouse: les premières analyses de la presse israélienne

Slate.fr, mis à jour le 20.03.2012 à 10 h 29

La Une de la version anglaise du site d'information Haaretz.

La Une de la version anglaise du site d'information Haaretz.

LES SITES D'INFORMATION ISRAELIENS CONSACRENT EVIDEMMENT UNE LARGE PLACE à la tuerie qui a coûté la vie à quatre Franco-Israéliens, dont trois enfants, au collège Ozar-Hatorah de Toulouse, lundi 19 mars. Ils citent notamment en longueur la réaction du Premier ministre Benjamin Netanyahou, qui a dénoncé «le meurtre odieux de Juifs, dont des petits enfants», ainsi que les révélations du Point sur la possible implication d'anciens militaires néo-nazis.

Le quotidien de gauche Haaretz cite également un membre de la communauté juive de Toulouse selon qui le collège Ozar-Hatorah constitue le cœur de ladite communauté et se fait l’écho d'autres réactions au sein de la classe politique israélienne. La chef de file de l’opposition Tzipi Livni (Kadima) a ainsi dénoncé des attaques «choquantes et douloureuses» et le député Danny Danon (Likoud) a lui annoncé que la commission parlementaire compétente se réunirait en urgence mardi, voyant dans les évènements de Toulouse «une alerte rouge pour les juifs dans le monde entier».

Le Jerusalem Post a lui interviewé le rabbin de Toulouse Avraham Weill, qui a expliqué qu’il n’avait reçu aucune information comme quoi sa communauté, qui compte environ 20.000 membres, pouvait être la cible d’un acte de ce genre: «Il n’y a rien eu, pas de coup de téléphone, pas d’avertissement.» Il s’est également entretenu avec le vice-président du Crif Gil Taieb, qui s’est dit sûr que l’acte était antisémite: «Pour que quelqu’un situe cette école dans une ville comme Toulouse, cela veut dire qu’il savait ce qu’il était en train de faire. Il allait là pour tuer des juifs.» Selon lui,la communauté juive «n’a rien connu de tel depuis au moins dix ans».

Yediot Aharonot, un des autres grands quotidiens israéliens, a interviewé de son côté Benjamin Touati, chef de la branche française du mouvement de jeunesse Bnei Akiva: selon lui, «ce n’est pas encore la panique et les parents n’ont pas retiré leurs enfants des écoles, mais nous craignons qu’une nouvelle vague de terreur n’arrive sur nous».

Sarkozy habile ou pyromane?

Haaretz se risque par ailleurs à deux analyses de l'évènement en lien avec l'élection présidentielle. Le journaliste Sefy Hendler explique que  «Sarkozy est un dirigeant qui a choisi de commencer son mandat en prononçant un discours à côté d'un monument commémorant les victimes de la Résistance exécutées par les Allemands en 1944», en référence à un discours qui était en réalité le dernier du candidat Sarkozy, au plateau des Glières le 4 mai 2007. «Maintenant qu'il approche de la fin de son mandat, il doit traiter un acte de terreur envers des enfants juifs comme la France n'en a pas connu depuis plus d'un demi-siècle. […] Nul doute que son habilité éprouvée à gérer la crise viendra renforcer sa candidature à un moment décisif.»

Un autre journaliste, Gilad Halpern, estime lui que si la thèse d'un «crime de haine» se confirme, cela voudra dire que «les juifs se révèlent une nouvelle fois les perdants des importantes tensions ethniques en France, sauf que les flammes auront cette fois-ci été attisées par le président lui-même».

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