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Fusillade de Toulouse: Midi-Pyrénées en alerte écarlate [Le point à 19h30]

Slate.fr, mis à jour le 19.03.2012 à 19 h 52

Les forces de l'ordre devant le collège Ozar-Hatorah après la fusillade. REUTERS/Jean-Philippe Arles.

Les forces de l'ordre devant le collège Ozar-Hatorah après la fusillade. REUTERS/Jean-Philippe Arles.

LUNDI 19 MARS, UN HOMME A OUVERT LE FEU devant un établissement d'enseignement israélite de Toulouse, tuant quatre personnes dont trois enfants. Résumé des faits.

  • Selon les autorités, l'une des armes utilisées, un 11.43, est la même que celle qui a servi lors des meurtres de trois parachutistes la semaine dernière dans la région. Le scooter, volé le 6 mars, est également identique.
  • Un père et ses deux enfants de 3 ans et 6 ans parmi les victimes
  • La quatrième victime, la fille du directeur de l’école, avait 10 ans
  • Un jeune homme de 17 ans sérieusement atteint
  • Nicolas Sarkozy, François Hollande et François Bayrou se sont rendus sur place
  • Le plan Vigipirate écarlate est mis en place dans la région Midi-Pyrénées

Les victimes

Quatre personnes, disposant toutes de la double nationalité franco-israéliennes, ont été tuées. Parmi elles, un professeur de 30 ans, avec ses enfants de 3 ans et 6 ans, ainsi que la fille du directeur de l’établissement, âgée de 10 ans. Un adolescent de 17 ans a également été gravement blessé, mais il devrait s'en tirer, selon les dirigeants de la communauté juive locale cités par l'AFP.

Les lieux

Les meurtres ont été commis devant le collège-lycée Ozar Hatorah («trésor de la Torah» en hébreu), un établissement d’enseignement privé juif situé dans le quartier de la Roseraie, au nord de Toulouse. D’après le quotidien régional la Dépêche du Midi, les victimes attendaient à «un point de ramassage scolaire informel desservant l'école juive Gan Rachi», située à proximité. Les écoles juives sont censées bénéficier d’une protection renforcée depuis le milieu des années 2000.

Le tueur

D’après Sud-Ouest, l’homme portait un casque de moto. Il aurait d’abord ouvert le feu sur un groupe de personnes présentes devant l’école. Il serait ensuite entré dans le collège pour tirer encore à plusieurs reprises, avant de prendre la fuite en scooter. Le tueur «a tiré sur tout ce qu'il y avait en face de lui, enfants et adultes, et des enfants ont été poursuivis à l'intérieur de l'école», a déclaré le procureur de la République de Toulouse, cité par le Monde. Nicole Yardeni, qui préside le Crif en Midi-Pyrénées, a raconté ainsi le drame à RTL:

«On voit un homme qui court après des enfants, qui en attrape et qui met une balle dans la tête à un enfant de huit ans.»

Les armes

Une source proche de l'enquête a confirmé à l'AFP l'information d'Europe 1 selon laquelle une des armes utilisées, un calibre 11.43, a servi lors des meurtres de militaires à Toulouse et Montauban: un sous-officier du 1er RTP de Francazal avait été tué le 11 mars à Toulouse et deux autres du 17e RGP le 15 mars à Montauban, lors d’une attaque qui a plongé un troisième militaire, touché à la moelle épinière, dans le coma.

Le tueur a utilisé deux armes: d'abord un calibre 9mm à l’extérieur du collège puis, cette première arme s’étant enrayée, son calibre 11,43. Dans la matinée, plusieurs officiels, dont le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, avaient remarqué des «similitudes» entre les attaques.

Le scooter

Comme lors de l'attaque de Montauban, le tueur a pris la fuite sur un scooter. Selon une source proche de l'enquête citée par l'AFP, le même scooter, un 500 cm3 de type T-MAX de marque Yamaha, dérobé le 6 mars dans la région de Toulouse, a servi pour les trois meurtres. Le propriétaire du scooter a été entendu par les enquêteurs et a pu certifier que le véhicule lui avait été dérobé.

La procédure

Le parquet antiterroriste de Paris a annoncé l’ouverture de trois enquêtes distinctes pour assassinats «en lien avec une entreprise terroriste», a déclaré le procureur de Paris François Molins. Ce qui, selon une source judiciaire citée par l'AFP, ne signifie pas que l'hypothèse terroriste est privilégiée mais s'explique par le «climat d'intimidation et de terreur» créé par les événements.

Pour l’instant, plusieurs pistes peuvent être envisagées pour expliquer ces meurtres, une étant, selon le site de l'hebdomadaire Le Point, celle d'anciens militaires liés à des mouvements néonazis. Parmi les autres hypothèses citées, celles du terrorisme intérieur ou extérieur, d'un déséquilibré ou d'un «loup solitaire» type Anders Beiring Breivik.

Par ailleurs, le président de la République a annoncé la mise en place dans la région Midi-Pyrénées du niveau écarlate du plan Vigipirate, qui correspond à une menace «certaine».

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