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Fusillade de Toulouse: comment s'organise la minute de silence dans les écoles?

Cécile Dehesdin, mis à jour le 20.03.2012 à 12 h 38

Au collège Ozar-Hatorah, le 19 mars 2012. REUTERS/Eric Cabanis/Pool

Au collège Ozar-Hatorah, le 19 mars 2012. REUTERS/Eric Cabanis/Pool

NICOLAS SARKOZY A ANNONCÉ QU’IL Y AURAIT une minute de silence dans tous les établissements scolaires français demain mardi 20 mars, en hommage aux victimes de la fusillade de Toulouse.

Le ministre de l’Education nationale Luc Chatel a répété cette demande dans un communiqué, ajoutant qu’elle aurait lieu à 11 heures du matin précisément.

Le directeur du cabinet de Luc Chatel a ensuite envoyé un courriel aux recteurs des 26 académies, qui l’ont eux-mêmes fait suivre aux chefs d’établissement:

«En mémoire aux victimes du drame survenu ce matin au collège-lycée Ozar Hathora de Toulouse, le ministre Luc Chatel demande qu’une minute de silence soit observée demain mardi 20 mars à 11h précises dans toutes les classes des écoles et des établissements scolaires. Je vous prie d’en informer dès à présent les chefs d’établissement et les directeurs d’école de votre académie.»

Pas plus de conseils ou de consignes données aux chefs d’établissement ou directeurs d’école, qui sont ensuite chargés de retransmettre l’information à leur équipe et de décider avec eux de la façon la plus appropriée d'organiser ça (par classe ou avec tous les élèves rassemblés, avec quelles explications, etc).

Le délai est très court, puisque les directeurs ont reçu le message dans l’après-midi, parfois peu de temps avant le départ des élèves et des enseignants –les trois minutes de silence pour le 11 septembre 2001 avaient eu lieu le 14, par exemple.

Principale adjointe du collège Charles-de-Gaulle à Guilherand-Granges, en Ardèche, Marie-Hélène Callo explique avoir glissé un mot dans le casier des professeurs, avec le mail du recteur et un message du chef d’établissement précisant qu’il faudra veiller à expliquer aux élèves les circonstances de la minute de silence:

«C’est dans l’urgence, donc on n’a pas le temps de bien voir avec eux, mais ils ont l’habitude de s’adresser aux élèves selon leur niveau.»

Dans son école élémentaire de Châtelard, à Châteauneuf-sur-Isère dans la Drôme, Corine Vernhes pense que la minute de silence sera surtout respectée avec les «grands», du CE2 au CM2, les quelques professeurs de plus petites classes qu’elle a pu voir avant leur départ ne sachant pas trop comment aborder le sujet avec des tout petits de 6 ans.

Elle pense que ce sera l’occasion de parler des valeurs de la République, et peut-être «de faire vivre aussi un sentiment d’appartenance à la communauté des élèves, que les enfants se sentent concernés par ce qui arrive à d’autres élèves».

Elle compte aborder la minute de silence en demandant aux élèves s’ils ont écouté la radio ou regardé la télévision, s’ils ont entendu des nouvelles qui les ont inquiétés, notant qu’il «va falloir y aller doucement»:

«Il ne faut pas non plus leur faire peur, il ne faut pas qu’en sortant de l’école ils pensent que tout le monde va leur tirer dessus. On ne veut affoler ni les familles ni les élèves.»

Dans les plus petites classes, les professeurs aborderont peut-être simplement la question de savoir si les élèves ont entendu parler de quelque chose qui les a troublés, sans forcément faire la minute de silence, ni insister sur le sujet s’ils n’ont rien entendu.

S’agissant des écoles maternelles, «avant 6 ans un tel recueillement paraît difficile à expliquer aux enfants et donc peu approprié», explique-t-on au ministère de l’Education nationale.

Cécile Dehesdin

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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