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Fusillades de Toulouse et Montauban: maigres indices sur le profil du (ou des) tueurs

Mathieu Perisse, mis à jour le 19.03.2012 à 18 h 24

La police relève des indices sur l mars es lieux de la fusillade de Toulouse. 19 mars 2012. REUTERS/ Jean-Philippe Arles

La police relève des indices sur l mars es lieux de la fusillade de Toulouse. 19 mars 2012. REUTERS/ Jean-Philippe Arles

Après la fusillade mortelle au collège Ozar-Hatorah de Toulouse, nombreux sont les journaux qui s’interrogent sur l’identité du «tueur au scooter». Le rapport entre l'attaque et les précédents meurtres de Montauban et de Toulouse n’est pas encore officiellement établi, mais les similitudes sont nombreuses, et la même arme aurait été utilisée dans les trois affaires. «Des éléments justifient qu'on se pose très sérieusement la question d'un lien», déclarait déjà dans la matinée le procureur de Toulouse, Michel Valet.

Mais rapprocher ces trois affaires ne permet pas forcément d'identifier leur auteur. Les témoignages des personnes présentes et l’analyse de son mode opératoire permettent cependant dresser un premier profil du ou des auteurs (rien pour l'instant ne permet d'affirmer qu'il s'agit d'une seule et même personne).

Un tatouage sur la joue?

Au niveau de son apparence tout d’abord. Le casque du (des) tueur(s) serait noir, ainsi que son (leur) scooter. Les déclarations des témoins pourraient bientôt être confirmées par les enregistrements de la caméra de vidéosurveillance située à l’entrée de l’école, comme le rapporte l’Express.

En ce qui concerne son physique, les enquêteurs disposent de peu d’éléments. Le témoignage le plus précis pour l’instant est celui d’une femme de Montauban, interviewée par I-Télé qui affirme avoir croisé «le regard froid, d’une lucidité effrayante» du motard et discerné «un tatouage de signes chinois ou japonais» sur sa joue gauche. Elle le décrit comme étant «de taille moyenne, un mètre soixante-dix environ et assez corpulent». Une déclaration que les enquêteurs utilisent pour l’instant avec beaucoup de précautions.

Difficile donc d’établir un portrait-robot du suspect. Un Toulousain résidant en face du collège Ozar-Hatorah affirme avoir suivi la scène par sa fenêtre, sans parvenir à le décrire. En revanche, la plupart des témoignages concordent au sujet de son comportement.

Un tueur méthodique

Le «sang-froid» avec lequel l’individu tue ses cibles est une de ses principales caractéristiques. Tous les témoignages décrivent une personne méthodique, calme, qui prend le temps de recharger son arme à Montauban, ou de sortir un deuxième pistolet lorsque le premier s’enraye à Toulouse.

Autant d’indices qui laissent penser que le criminel «est peut-être un ancien militaire, un habitué d'un club de tir ou quelqu'un qui a l'habitude de manipuler des armes», affirme une source judiciaire à l’AFP, relaté par France TV.

Plusieurs psychiatres et psychanalystes interrogés par le Figaro ont émis des hypothèses sur le profil de l’assassin. Paranoïa, terrorisme, délire, vengeance, les théories sont multiples. Mais l’idée d’un tueur de masse sur le modèle d’Anders Behring Breivik, l’auteur de l’attentat d’Oslo, leur semble plausible.

Pour la psychanalyste Claude Halmos, le tueur «peut s'imaginer comme un justicier, dans un rapport délirant avec l'actualité récente». Le psychiatre Roland Coutenceau évoque lui aussi un criminel «qui devient l’instrument de sa propre conviction». Il estime également que le contexte de l’élection présidentielle peut avoir «précipité le passage à l’acte», en lui offrant un écho plus important.

Mathieu Perisse
Mathieu Perisse (47 articles)
Journaliste
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