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Comment sont protégées les écoles juives en France?

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 19.03.2012 à 13 h 53

Ecole juive Beth Menahem, en septembre 1995. REUTERS/ Robert Pratta

Ecole juive Beth Menahem, en septembre 1995. REUTERS/ Robert Pratta

LA FUSILLADE DEVANT LE COLLÈGE JUIF de Toulouse Ozar Hatora a fait au moins quatre morts dont trois enfants, lundi 19 mars au matin, selon l'AFP, citée par Le Monde. Pourtant, les écoles juives sont censées bénéficier d’une protection renforcée depuis une série d'actes antisémites dans les années 2000.

«Il y a un effort financier de l’Etat consacré à la sécurisation des bâtiments appartenant à la communauté juive. Un programme de subventions a été décidé lors d’une commission interministérielle en 2004», a expliqué le ministère de l’Intérieur à Slate.fr.

Une convention passée entre le ministère de l’Intérieur et le FSJU (Fonds social juif unifié) a mis en œuvre cette disposition à partir de 2005: des systèmes d’alarme, de vidéosurveillance, des grillages, des vigiles ont été installés…

«La convention a débloqué trois millions d’euros et a été reconduite en 2006, 2007, 2008. En 5 ans, 487 bâtiments ont été sécurisés dont 145 écoles et crèches», précise le ministère de l’Intérieur. En 2011, le processus a été étendu pour les cinq prochaines années à hauteur de 300.000 euros par an. «Le montant était plus faible puisque plusieurs bâtiments étant désormais sécurisés, les fonds nécessaires étaient moindres», ajoute le ministère de l’Intérieur.

En 2010, on comptait 283 établissements juifs, (dont 148 en cours de contractualisation), selon le Fonds social juif unifié, Soit 30.525 élèves en 2010, dont 27.419 dans des établissements sous contrat avec l’État.

«On ne peut pas non plus barricader nos écoles»

«Nous travaillons en bonne entente avec le ministère de l’Intérieur», précise Patrick Petit-Ohayon, directeur de l'Enseignement au FSJU, à Slate.fr.

«Nos revendications avaient été écoutées. Toutes les écoles n’étaient pas protégées de façon tout à fait identique, selon leur emplacement. Avant toute sécurisation de bâtiment, il y a toujours un audit pour évaluer le meilleur moyen de protéger les enfants, et les risques alentours selon l’école dont il s’agit.»

Patrick Petit-Ohayon ne connaissait pas encore lundi matin le dispositif exact de sécurité d’Ozar Hatora, mais assure qu’il y en avait un «avec un vigile notamment. Mais c’est toujours au moment de l’entrée des enfants dans l’école que le risque est le plus élevé. Il y a beaucoup de monde devant l’entrée, moins de visibilité».

Selon la police, l'homme responsable de la fusillade a tiré vers 8h10 sur un groupe de 4 à 5 personnes, en tuant au moins quatre: un professeur, ses enfants de 6 ans et 3 ans, et un autre enfant de 10 ans. Au moins une autre personne est grièvement blessée.

Patrick Petit-Ohayon le reconnaît, ému:

«On ne peut pas non plus barricader nos écoles et nous cacher en permanence. L’Etat assume ses responsabilités, nous assumons les nôtres. Mais sur une folie comme ce matin rien n’aurait pu être fait.»

«Pour l'heure, la communauté juive va prendre ses dispositions pour renforcer la sécurité», a déclaré Marc Sztulman, secrétaire général du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) Midi-Pyrénées. Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, a demandé aux «préfectures de toute la France, particulièrement dans le sud-ouest, de renforcer la surveillance et la vigilance autour des lieux d’enseignement israélite».

Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a précisé à Slate.fr qu'une réunion allait se tenir de façon imminente, pour recommander le dispositif adapté.

«La surveillance des lieux confessionnels de toutes religions pourra être renforcée, en fonction des localisations, de différents renseignements. Mais bien sûr l'actualité commande de renforcer particulièrement la sécurité des lieux d’enseignement israélite.»

Il n'est pas pour l'instant question de changer de stade de plan vigipirate, déjà au niveau «rouge renforcé». «Le stade suivant est l'écarlate: extrêmement contraignant.»

Charlotte Pudlowski

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Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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