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Sarkozy: «ridicule» de supprimer le mot «race» de la Constitution

Slate.fr, mis à jour le 04.04.2012 à 11 h 32

Journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage à Paris, le 10 mai 2008. REUTERS/Benoit Tessier

Journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage à Paris, le 10 mai 2008. REUTERS/Benoit Tessier

INTERROGE SUR EUROPE 1 ce mercredi 14 mars au matin sur la proposition de François Hollande de supprimer le mot race de la Constitution, Nicolas Sarkozy a estimé que «le ridicule dépasse les bornes»:

«Le mot race est dans le préambule de la Constitution de 1946, qui est un texte sacré […] rédigé par les résistants, les gens sortis de la guerre et ont dit "plus jamais on ne veut de racisme". […] Le jour où on aura supprimé le mot racisme, est-ce qu'on aura supprimé l'idée? Enfin c'est absurde! […] Le problème n'est pas le mot, le problème, c'est la réalité.»

Le candidat socialiste avait déclaré lors d’un meeting consacré à l’Outre-mer et aux discriminations à Paris samedi 10 mars qu’il supprimerait, s’il était élu, le mot race de la Constitution française, où il figure dans l’article premier:

«Il n'y a pas de place dans la République pour la race. Et c'est pourquoi je demanderai au lendemain de la présidentielle au Parlement de supprimer le mot “race” de notre Constitution.»

Une proposition qui a entraîné des réactions contrastées. Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé y voyait «une mauvaise réponse à un vrai problème» tandis que l’ancien footballeur et militant antiracisme Lilian Thuram a approuvé cette idée:

«Je trouve que c'est une très bonne idée, c'est d'ailleurs ce pour quoi on se bat avec mon association. Le mot race induit des erreurs liées au passé, et enlever ce mot de la Constitution serait une très, très bonne chose.»

En mai 2008, le député socialiste Jean-Jacques Urvoas avait déjà proposé un amendement en ce sens à l’Assemblée nationale, expliquant à l’époque:

«Le terme de “race” est contraire à notre tradition constitutionnelle, et ce depuis 1789. Il est apparu dans notre droit constitutionnel de manière conjoncturelle et historiquement datée, en 1946, pour des raisons que chacun comprendra, au lendemain de l’horreur de la Seconde Guerre mondiale. […] Ce terme […] est, de notre point de vue, politiquement et juridiquement dangereux. Nous suggérons donc de le supprimer, supprimant ainsi, non pas le discours raciste mais la légitimité qu’il pourrait puiser dans notre loi fondamentale. Voilà pourquoi nous proposons de ne conserver dans cet article 1er que le terme d’“origine”, ce qui permettra de continuer la lutte contre le racisme.»

Jean-Jacques Urvoas précise aujourd’hui sur son blog que cette mesure symbolique ne ferait pas disparaître le mot «race» de notre droit positif car le terme figure dans la Charte des Nations unies, dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, dans Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, dans la Convention de Genève, dans le traité de Lisbonne ou encore dans la Charte des droits fondamentaux.

Photo: Journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage à Paris, le 10 mai 2008. REUTERS/Benoit Tessier

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