Partager cet article

«Nicolas Le Pen», l'éditorial-choc du Wall Street Journal

«NICOLAS LE PEN»: sous ce titre choc, le Wall Street Journal consacre un éditorial (la rubrique «Review & Outlook») à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, sa «rhétorique anti-immigrants» et ses attaques contre la convention de Schengen. «Même en France, on se montre rarement plus cynique que cela», explique le quotidien économique américain, selon qui «le débat sur l’immigration est principalement une diversion vis-à-vis de l’anxiété des Français envers leur Etat-providence de plus en plus branlant».

Le Wall Street Journal qualifie de «pensée hideuse» le fait de relier ces deux sujets, «non seulement en raison des sentiments laids sur lesquels cela joue, mais aussi en tant que cas d’école d’analphabétisme économique», car «seule l’immigration peut maintenir une population active assez élevée pour supporter la charge croissante des retraites et de la dépendance». Conclusion du quotidien:

«Nous nous demandons si monsieur Sarkozy comprend que faire étalage de manière aussi transparente de son cynisme comme ici est ce qui l’a conduit dans la situation difficile où il est actuellement.»

Evidemment, les soutiens de François Hollande ont immédiatement relayé l’article, à l’image de Jean-Jacques Urvoas, spécialiste des questions de sécurité et de police au sein de l’équipe de François Hollande, qui parle sur Twitter d’«une violente charge qui en dit long sur son image».

Le député PRG Paul Giaccobi lui a de son côté consacré une note sur son blog:

«Qu'un tel journal, dont les idées sont à ce point ancrées à droite, qui est l'un des plus sérieux journaux du monde, fustige en termes aussi durs le comportement du candidat président en dit long sur la perception de sa campagne à l'étranger.»

La semaine dernière, Nicolas Sarkozy avait déjà été accusé de xénophobie par le magazine américain Time, qui lui avait reproché de «flatter l’extrême-droite»:

«La croissance économique de la France ralentit, le chômage augmente, la Grèce menace toujours de faire faillite, et l’euro, déstabilisé par la crise mais un peu plus rassurant ces derniers temps, n’est toujours pas sorti de sa crise existentielle. Malgré cette liste de graves problèmes qui inquiètent les électeurs français à l'approche de la présidentielle, le Président en campagne Nicolas Sarkozy a déclaré cette semaine que le premier sujet de préoccupation des Français, c’est la viande halal. Ah bon?»

Et en août 2010, après le discours de Grenoble, le New York Times lui avait consacré un éditorial titré «Xénophobie: chasser les non-Français»:

«Nicolas Sarkozy, qui aime se faire appeler Sarko l’Américain, flatte de dangereuses passions anti-immigrées pour son gain politique à court terme.»

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte