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François Hollande au Spiegel: «Il faudra que les dirigeants européens m'écoutent»

Temps de lecture : 2 min

François Hollande avant l'émission Parole de Candidat. REUTERS/Fred Dufour/Pool
François Hollande avant l'émission Parole de Candidat. REUTERS/Fred Dufour/Pool

Dans une interview accordée au quotidien allemand Spiegel, François Hollande revient sur le refus d'Angela Merkel, la Chancelière allemande, de le rencontrer avant l’élection, et sur sa conception des relations franco-allemandes.

Le candidat socialiste, «l’homme qu’[Angela Merkel] craint parce qu’il pourrait mettre en danger son héritage européen», précise le Spiegel, explique que Berlin ne lui a jamais opposé de refus catégorique mais qu’il avait «indiqué ses disponibilités» sans jamais recevoir de réponse, et n’a pas jugé bon d’insister.

«Evidemment, la chancelière peut décider par elle-même de l’attitude à adopter dans la campagne électorale d’un partenaire aussi important que la France. Je comprends aussi que Madame Merkel soutienne Nicolas Sarkozy, étant donné qu’ils font partie de la même famille de partis conservateurs. Ce qui compte c’est que si je l’emporte, nous soyons capables en tant que leaders démocratiquement élus, d’établir de bonnes relations entre nos pays.»

Et après?

Après cette non-rencontre et les tensions engendrées, qu’en sera-t-il si le candidat socialiste devient président, se comportera-t-il «comme un vainqueur provocant» ou présentera plutôt «de plates excuses», s’enquiert le Spiegel.

«Ni l’un ni l’autre. J’ai beaucoup de respect pour Madame Merkel ainsi que pour le peuple allemand qui, comme nous le savons, ira lui-même aux urnes en septembre 2013. Et tout le monde sait que j’ai, en tant que socialiste, de très bonnes relations avec le Parti social démocrate allemand (SPD, centre gauche).»

François Hollande réfute l’idée qu’il serait devenu un paria aux yeux de certains leaders de l’Union, comme le suggère le Spiegel. S’il est élu, la fraîcheur du scrutin lui donnera au contraire une grande force selon lui.

«Un président nouvellement élu, qui a tout son mandat devant lui, a clairement plus de poids qu’un président en fin de mandat. Si les Français choisissent mes idées, que j’ai exprimées clairement, les autres pays devront y prêter attention. C’est pour cela que je voulais envoyer une mise en garde claire aux autres dirigeants. Il faudra qu’ils m’écoutent.»

Après le tandem Merkozy, le tandem Merlande?

«Nous n’en sommes pas encore à combiner nos noms. Je ne suis pas un Européen tiède. Je sais que la relation franco-allemande est indispensable, peu importe qui dirige les pays. Mais nous ne devons pas créer l’impression qu’il y a un duopole en Europe, que tout le monde devrait suivre.»

Slate.fr

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