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Sarkozy à l'attaque au nom de la «majorité silencieuse»

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 07.03.2012 à 0 h 47

DONNE LARGEMENT PERDANT POUR L’INSTANT PAR TOUTES LES ENQUETES D’INTENTION DE VOTE, Nicolas Sarkozy s’est exprimé pendant plus de trois heures, mardi 6 mars au soir, dans l’émission de France 2 Des paroles et des actes. Interviewé par plusieurs journalistes puis en débat avec l’ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius (un face-à-face très attendu mais qui s’est révélé au final plutôt confus et haché), le président-candidat a abordé de nombreux thèmes de manière très offensive. Florilège.

Ses chances de victoire

Situé entre 23% et 28% au premier tour par les différents instituts depuis début mars, soit 2 à 8 points de retard sur François Hollande, et entre 41% et 44% au second tour, Nicolas Sarkozy s’est montré plutôt confiant, citant en exemple les victoires annoncées puis démenties d’Edouard Balladur (qu’il soutenait) en 1995 et de Lionel Jospin en 2002. «Les Français sont un peuple libre, frondeur, qui détestent qu’on lui dise ce qu’il doit faire», a-t-il a clamé en expliquant qu’il dédierait sa victoire aux «anonymes» et à la «majorité silencieuse», avant d’affirmer:

«L’une de mes caractéristiques, c’est que je ne renonce jamais.»

Ses premiers pas en 2007

Revenant sur les maladresses de ses premiers mois de mandat, Nicolas Sarkozy les a notamment justifiées par ses ennuis conjugaux de l’époque, dont il n’avait jamais parlé aussi ouvertement:  

«En parler ça serait impudique. Refuser d’en parler, ça serait être comme gêné. […] En 2007, j’ai fait une campagne où pas à un moment je n’ai été heureux à titre personnel.»

Il a aussi reconnu avoir fait une «erreur» en lançant «Casse-toi pov’ con» à un badaud au Salon de l’agriculture.

Son adversaire principal

«Pour lui, il n’y a pas de monde extérieur. Il n’y a pas d’Europe, il s’abstient sur l’Europe. Il n’y a pas de monde, il n’y a pas de crise.» «Jamais François Mitterrand ne lui a confié la moindre responsabilité.» «C’est quelqu’un qui a du mal à dire non, qui aime concilier les contraires, qui n’aime pas trancher, qui n’aime pas choisir.» S’il affirme «estimer» François Hollande et entretenir avec lui des rapports «cordiaux», il lui a décoché de nombreuses flèches, et avait même devant lui des fiches stabilotées mentionnant des propos peu amènes de Laurent Fabius sur son camarade de parti.

Son positionnement

Un «candidat des riches» qui fait une campagne très à droite? Le candidat de l’UMP s’est attaché à dissiper cette double critique. «Si Mme Le Pen dit qu’elle préfère le soleil à la pluie, je conviens que je partage son opinion», a-t-il lancé, avant d’ironiser: «Depuis le temps que je fais des virages à l’extrême-droite, je vais finir à l’extrême gauche.» Sur les polémiques sur le halal et l’immigration, il a déploré un «cadenassage du débat». Quant aux critiques sur sa politique vis-à-vis des riches, il les a qualifiées d’«imposture»:

«Je suis le seul président en Europe qui a maintenu un impôt sur les grandes fortunes.»

Son programme

Sur le plan budgétaire, Nicolas Sarkozy a annoncé la création d’un impôt minimum sur les bénéfices dont les recettes annuelles se monteraient à 2 à 3 milliards d’euros par an. Sur l’immigration, il souhaite diviser par près de deux, de 180.000 à 100.000, le nombre d’immigrés accueillis chaque année, et placer sous double condition de résidence (dix ans) et de travail (cinq ans) l’attribution du RSA et du minimum-vieillesse.

Sur le plan institutionnel, il a réaffirmé vouloir une dose de proportionnelle de 10 à 15% aux législatives, qui serait assortie d’une baisse du nombre de députés. Sur le plan international enfin, il a affirmé son espoir d’une levée du veto chinois et russe au conseil de sécurité sur la Syrie de Bachar el-Assad (face à l’évolution duquel il a manifesté son «incompréhension totale», le qualifiant d’«assassin») et a promis de se rendre en Israël et chez les Palestiniens s’il est réélu pour prendre une «initiative» en vue de la «paix».

Photo: Nicolas Sarkozy lors de l'émission Des paroles et des actes du 6 mars 2012. REUTERS/Philippe Wojazer.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (943 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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