«Je
suis quelqu'un de parole. C'est signé», a déclaré le vendredi 24
février Nicolas Sarkozy. Après Lejaby, repris par LVMH et Photowatt, racheté
par EDF, c’est donc au tour de Petroplus d’être secouru. Pendant les six
prochains mois, la raffinerie de Petit-Couronne (Seine-Maritime) répondra aux
besoins du groupe pétrolier Shell, ancien propriétaire du site jusqu’en 2009.
Les 550 salariés étaient à l’arrêt depuis début janvier,
après que le leader européen du raffinage a été placé en redressement
judiciaire. Des
négociations étaient en cours avec le groupe anglo-hollandais pour conclure
un contrat de reprise temporaire d’activité de six mois. L’accord est désormais
officiel.
Eviter les licenciements coûte que coûte. Tel est le mot d’ordre
en période de campagne. Toute faillite d’entreprise est ainsi l’occasion pour
les candidats de montrer leur volontarisme et leur aptitude à sauver des
emplois.
«Ca donne du boulot pour six mois»
Nicolas Sarkozy, en visite sur place le vendredi 24 février,
était donc attendu. La solution est
provisoire, mais elle satisfait le président de la République: «Je ne dis
pas que ça sauve la raffinerie, mais c'est signé, ça donne du boulot pour six mois». Réaction immédiate de François Hollande:
Nicolas Sarkozy essaye de «parer au plus pressé dans les quelques jours qui lui restent pour terminer
son mandat et faire ce qui n'a pas été fait depuis cinq ans».
Au même moment le
candidat socialiste effectuait une visite surprise à Florange, en Moselle,
où 2.500 métallurgistes luttent contre la fermeture du site par le groupe
ArcelorMittal. Pas de sauvetage miraculeux, mais une proposition de loi: «Quand une grande firme ne veut plus d'une
unité de production mais ne veut pas non plus la céder, nous ferons une
proposition de loi qui l'obligera à faire appel à des repreneurs» a-t-il
déclaré.
Tenir ses promesses
François Hollande en profite aussi pour lancer cette attaque
à peine voilée contre son adversaire de droite, accusé de n’avoir pas tenu ses
engagements pour relancer l’usine de Gandrange, voisine de celle de
Florange:
«Je ne veux pas me retrouver
dans la situation d'être élu sur une promesse et ne pas revenir parce qu'elle
n'aurait pas été tenue.»
Visiter une usine en péril, presque un passage obligé pour
les candidats à la présidentielle. François Hollande a été suivi
de près par Nicolas Dupont-Aignan, venu dénoncer les «faux discours» des hommes politiques, et par Philippe Poutou en
visite de soutien aux syndicalistes. Signe de l'importance du thème de l'emploi dans la campagne: à Petit-Couronne, Nicolas Sarkozy a même été accueilli par Laurent Fabius, venu en tant qu'élu local et représentant du PS.
Fermeture de l’usine Continental
de Clairoix en 2009, arrêt de Gandrange,
restructuration d’Airbus en 2007, le quinquennat de Nicolas Sarkozy est
jalonné de sauvetages d’emplois industriels sans lendemain. Petroplus n’est donc
pas encore tiré d’affaire. Il
reste encore à trouver un repreneur, faute de quoi les emplois seront à
nouveau menacés dans six mois… Après les élections.

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