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Petroplus et Gandrange: prière de ne pas faire faillite avant les élections

Mathieu Perisse, mis à jour le 24.02.2012 à 17 h 49

Nicolas Sarkozy prononce un discours à la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, 24 février 2012. REUTERS/Philippe Wojazer

Nicolas Sarkozy prononce un discours à la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, 24 février 2012. REUTERS/Philippe Wojazer

«Je suis quelqu'un de parole. C'est signé», a déclaré le vendredi 24 février Nicolas Sarkozy. Après Lejaby, repris par LVMH et Photowatt, racheté par EDF, c’est donc au tour de Petroplus d’être secouru. Pendant les six prochains mois, la raffinerie de Petit-Couronne (Seine-Maritime) répondra aux besoins du groupe pétrolier Shell, ancien propriétaire du site jusqu’en 2009.

Les 550 salariés étaient à l’arrêt depuis début janvier, après que le leader européen du raffinage a été placé en redressement judiciaire. Des négociations étaient en cours avec le groupe anglo-hollandais pour conclure un contrat de reprise temporaire d’activité de six mois. L’accord est désormais officiel.

Eviter les licenciements coûte que coûte. Tel est le mot d’ordre en période de campagne. Toute faillite d’entreprise est ainsi l’occasion pour les candidats de montrer leur volontarisme et leur aptitude à sauver des emplois.

«Ca donne du boulot pour six mois»

Nicolas Sarkozy, en visite sur place le vendredi 24 février, était donc attendu. La solution est provisoire, mais elle satisfait le président de la République: «Je ne dis pas que ça sauve la raffinerie, mais c'est signé, ça donne du boulot pour six mois». Réaction immédiate de François Hollande: Nicolas Sarkozy essaye de «parer au plus pressé dans les quelques jours qui lui restent pour terminer son mandat et faire ce qui n'a pas été fait depuis cinq ans».

Au même moment le candidat socialiste effectuait une visite surprise à Florange, en Moselle, où 2.500 métallurgistes luttent contre la fermeture du site par le groupe ArcelorMittal. Pas de sauvetage miraculeux, mais une proposition de loi: «Quand une grande firme ne veut plus d'une unité de production mais ne veut pas non plus la céder, nous ferons une proposition de loi qui l'obligera à faire appel à des repreneurs» a-t-il déclaré.

Tenir ses promesses

François Hollande en profite aussi pour lancer cette attaque à peine voilée contre son adversaire de droite, accusé de n’avoir pas tenu ses engagements pour relancer l’usine de Gandrange, voisine de celle de Florange:

«Je ne veux pas me retrouver dans la situation d'être élu sur une promesse et ne pas revenir parce qu'elle n'aurait pas été tenue

Visiter une usine en péril, presque un passage obligé pour les candidats à la présidentielle. François Hollande a été suivi de près par Nicolas Dupont-Aignan, venu dénoncer les «faux discours» des hommes politiques, et par Philippe Poutou en visite de soutien aux syndicalistes. Signe de l'importance du thème de l'emploi dans la campagne: à Petit-Couronne, Nicolas Sarkozy a même été accueilli par Laurent Fabius, venu en tant qu'élu local et représentant du PS.

Fermeture de l’usine Continental de Clairoix en 2009, arrêt de Gandrange, restructuration d’Airbus en 2007, le quinquennat de Nicolas Sarkozy est jalonné de sauvetages d’emplois industriels sans lendemain. Petroplus n’est donc pas encore tiré d’affaire. Il reste encore à trouver un repreneur, faute de quoi les emplois seront à nouveau menacés dans six mois… Après les élections.

Mathieu Perisse
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Journaliste
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