Législatives: Jean-Marie Le Pen prêt à se parachuter dans le Vaucluse?
Par Jean-Marie Pottier |
publié le 24/02/2012 à 15h31, mis à jour le 24/02/2012 à 15h35
JEAN-MARIE LE PEN CANDIDAT AUX LEGISLATIVES DES 10 ET 17
JUIN? Interviewé par La Provence, l’intéressé «n’exclut pas», pour la première
fois depuis 1993, de se présenter, en l’occurrence dans la 3e circonscription du Vaucluse. Cela serait sa douzième candidature et son
cinquième département visité en soixante ans.
«Je suis toujours prêt à partir en campagne et croyez-moi,
je suis encore vigoureux», indique-t-il au quotidien régional, selon qui, «pour
les responsables locaux du Front national, c'est une quasi-certitude», le
candidat annoncé le mois prochain sera soit Jean-Marie Le Pen soit sa petite-fille
Marion Maréchal-Le Pen.
Le dirigeant d'extrême-droite affirme son parti déterminé à laver ce qu’il
qualifie d’«injure capitale»: la circonscription inclut notamment la commune de Carpentras,
où le FN avait été accusé, en 1990, de liens avec les profanateurs d’un
cimetière juif (quatre néo-nazis avaient été condamnés longtemps après les faits). Carpentras est également la seule ville où le FN
compte un conseiller général, Patrick Bassot.
Si Jean-Marie Le Pen était candidat, un an après avoir
abandonné la présidence du FN à sa fille, cela constituerait une surprise: il
avait boudé les trois derniers scrutins alors même que le FN, en 1997,
provoquait environ 70 triangulaires, et que lui-même accédait au second tour de la
présidentielle en 2002.
Auparavant, il avait connu une riche histoire de
candidatures sur pas moins de quatre départements. Elu député de Paris en 1956
au scrutin proportionnel sur une liste poujadiste, il est réélu en 1958 au
scrutin majoritaire sous l’étiquette CNIP, le principal parti de droite
non-gaulliste, dans le Ve arrondissement. Mais il est ensuite battu en 1962
dans une triangulaire par le gaulliste René Capitant, avant de plafonner autour
de 5% dans le Ve encore (1968), le XIVe (1973, six mois après la création du
FN), le VIIe (1978) et le XVIIe (1981)!
En 1983, il tente donc une nouvelle implantation en se
présentant à une législative partielle dans le Morbihan: il obtient 12% des
voix et, surtout, une majorité absolue des voix dans sa commune de naissance,
La Trinité-sur-Mer.
En 1986, il est réélu député de Paris grâce au
rétablissement de la proportionnelle. Mais, en 1988, le scrutin majoritaire est
à nouveau rétabli et il part pour Marseille: il obtient 33% des voix au premier
tour, mais est battu au second, avec 43,5%, par le socialiste Marius Masse. En 1993, enfin, ultime parachutage: Le Pen se présente à
Nice, mais est battu au second tour, avec 42% des voix, par l’UDF Rudy Salles.
Photo: Jean-Marie Le Pen lors de l'université d'été du FN à Nice, le 11 septembre 2011. REUTERS/Jean-Pierre Amet.