Par Jean-Marie Pottier |
publié le 20/02/2012 à 19h13, mis à jour le 20/02/2012 à 19h18
«ENCORE DES MOTS, TOUJOURS DES MOTS, les mêmes mots. Rien que des mots...» Marine Le Pen a étonné, dimanche 19 février, en réagissant en
chanson au meeting marseillais de Nicolas Sarkozy.
De gauche à droite, la chanteuse fait partie du patrimoine
commun des politiques français, au point que, dans sa nécrologie publiée en mai
1987, en pleine bataille Mitterrand-Chirac, le Nouvel Observateur en faisait «le symbole même de la coexistence et de la
cohabitation». Démonstration en quatre points et autant de suggestions de chansons.
Les socialistes aiment Dalida
La chanteuse a rencontré François Mitterrand en 1971 à
l’occasion d’un meeting du maire de Marseille Gaston Defferre, et est devenue une de ses proches, au point qu'on leur a attribué une liaison. En 1974, elle
chante pour le candidat socialiste à Toulouse lors du dernier meeting avant le
premier tour de la présidentielle. Et en 1981, elle fait encore partie de ses
soutiens, au point de figurer dans les premiers rangs lors de la cérémonie du
Panthéon le jour de son investiture. A l’époque, elle était une proche
du futur maire de Paris Bertrand Delanoë.
Une suggestion pour l'élection:Il venait d’avoir 18 ans (afin
de rappeler aux jeunes électeurs qui viennent d’acquérir le droit de vote de l’utiliser)
Les communistes aiment Dalida
Le 31 décembre 2008, le PCF diffusait une fausse vidéo de vœux
de Nicolas Sarkozy dont la bande-son était remplacée, au bout de quelques
secondes, par Paroles, paroles.
Une suggestion pour l'élection:Les Enfants du Pirée (en guise de soutien au peuple grec).
Les bayrouistes aiment Dalida
Pour
épingler les dirigeants gaullistes, les centristes aiment bien Dalida. «Sa prestation m'a rappelé la chanson de Dalida, Paroles,
paroles», lâchait François Bayrou au lendemain d’un discours de Dominique de
Villepin, en octobre 2005. «"Paroles, paroles…" Pour moi, il ne s'est rien
passé», tranchait l’ancien patron du Crédit Lyonnais Jean Peyrelevade,
lieutenant du leader centriste, lors d’un Talk Orange/Le Figaro au lendemain du
discours de Toulon du président de la République, fin septembre 2008.
Une suggestion pour l'élection:J’attendrai (au cas où la
troisième candidature n’est pas la bonne).
Assistant à la
réception du président de la République par Bertrand Delanoë en mai 2007, un autre proche de Dalida, Max Guazzini, lâchait lui: «Les voir côte à côte aujourd'hui, vingt ans après les avoir
rencontrés chez Dalida, c'est émouvant.» Le maire de Paris, lui, a toujours
démenti avoir rencontré Nicolas Sarkozy chez la chanteuse.
Une suggestion pour l'élection: Les Gitans (un hommage tendre au «beau» gitan venu «d'un pays qui n'existe plus» et qui entonne «le chant des errants qui n'ont pas de frontière». De quoi effacer les traces de la polémique sur les Roms?)
J.-M. P
Photo: Dalida lors d'un meeting de soutien à François Mitterrand, le 3 mai 1974 (Ina).