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Sarkozy, soixante-sept jours pour convaincre

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 15.02.2012 à 21 h 20

LE (FAUX) SUSPENSE N'A PAS ÉTÉ INUTILEMENT PROLONGÉ LORS DU 20 HEURES DE TF1: «Oui, je suis candidat», a répondu Nicolas Sarkozy à la première question de Laurence Ferrari. Candidat à un second mandat qui «ne sera pas conforme au premier». Quinze jours après avoir fêté ses 57 ans, le chef de l’Etat a affirmé, en référence aux ouvrières de Lejaby, qu’«à 57 ans on est pas fichu» et qu’on peut même «apprendre un nouveau métier», propos dont le double sens encouragera ses partisans et fera sourire ses adversaires…

Cette décision, le candidat-président affirme l'avoir prise «depuis plusieurs semaines» et la justifie notamment par «la situation aujourd’hui de la France, de l’Europe et du monde, qui connaît depuis trois ans une succession de crises sans précédent», situation qui ferait d’un retrait un «abandon de poste», comme un «capitaine» qui quitterait son «navire».

Alors que son entrée en campagne était initialement plutôt attendue en mars, dans la lignée de ce qu’avait fait François Mitterrand en 1988, Nicolas Sarkozy se lance donc mi-février, soixante-sept jours avant le premier tour, comme l’avait fait Jacques Chirac en 2002. Il faut dire que le président est donné largement battu par François Hollande, avec 24% à 26% au premier tour contre 28% à 34% pour son adversaire, selon les sondages publiés depuis début février, et seulement 40% à 43% au second tour.

«Il n'a pas d'idée à proposer?»

Son adversaire, Nicolas Sarkozy n’en a pas prononcé le nom, procédé qu’utilise souvent en sens inverse François Hollande. «J’entendais le candidat socialiste, c’était une longue litanie contre moi… Il n’a pas d’idées à proposer?», a-t-il lancé en ironisant sur le «rêve français»:

«J’ai vu des hommes politiques qui promettaient le rêve, ça se termine toujours en cauchemar.»

Sur le fond, le candidat a affirmé avoir «besoin du rassemblement de tous les Français qui sont convaincus que si la France est forte, ils seront protégés», par opposition à une «France faible». Il a mis l’accent sur son action de ces dernières semaines en manière sociale (les sauvetages de Lejaby et Photowatt) et sur son idée d’un référendum sur la formation et l’indemnisation des chômeurs, affirmant que «l’assistanat» n’a pas sa place dans un pays où le travail est une «valeur centrale». «Moi j’ai pas été élu pour dire "On n’y peut rien"», a-t-il affirmé sur l'industrie et l'emploi, en utilisant comme repoussoir la figure de Lionel Jospin.

Nicolas Sarkozy a également réagi à l’affaire Vanneste, condamnant les propos du député UMP du Nord en affirmant avoir «l’homophobie en horreur». «J'aimerais tellement que dans la vie politique, à gauche comme à droite, on arrête avec ces propos blessants qui n'amènent rien», a-t-il précisé dans ce qui semblait être une allusion aux propos du député Serge Letchimy envers Claude Guéant, la semaine dernière à l’Assemblée nationale.

Photo: Nicolas Sarkozy lors du 20 heures de TF1, le 15 février 2012. REUTERS/Lionel Bonaventure/Pool.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (943 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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