SELON LE SITE INTERNET DU POINT, Nicolas Sarkozy aurait
trouvé son slogan de campagne: il s'agirait de «La France forte!», qui devrait
être dévoilé lors de son meeting à Annecy (Haute-Savoie), le jeudi 16 février.
Une formule axée «davantage sur le pays que sur la personne du candidat» et «censée
incarner une France qui, malgré la crise et l'enlisement de nombreux pays
européens, n'a pas ployé durant le quinquennat».
Si l'on cherche des exemples d'utilisation de ce slogan dans
les campagnes présidentielles passées, pas sûr qu'il s'agisse d'un bon présage
pour le président sortant: en 1981, également dans un contexte de crise économique, Valéry Giscard d'Estaing avait en effet fait
campagne pour le second tour sur le slogan «Il faut une France forte».

Au premier tour, le président sortant, qui avait devancé
François Mitterrand avec un score décevant (29% contre 26%), avait battu campagne
sur le slogan «Il faut un président à la France». Comme pour son rival
socialiste (passé de «La Force tranquille» à «De toutes les forces de la
France»), il avait donc ajusté sa campagne entre les deux tours, avec une
nouvelle affiche déclinant un slogan devant une série de paysages, comme
l’explique l’historien Christian Delporte dans un article consacré aux affiches
de campagne:
«L’agriculture (avec une campagne verdoyante), l’action
internationale (avec, de nouveau, un planisphère), la jeunesse (avec des
enfants jouant au rugby) et cette image d’une centrale électrique, symbole de
la France industrielle.»

«On remarquera, au passage, deux constantes pour un
Président sortant: la dramatisation du décor et la référence à la France que le
chef de l’État représente à chaque instant», analyse également l’historien,
sévère envers la campagne d’affichage de celui qui allait s’incliner le 10 mai
avec un peu plus de 48% des voix:
«Giscard n’a pas su raviver la flamme du changement et de la
modernité qu’il avait allumée sept ans plus tôt. Il a évoqué un présent que
l’opinion jugeait majoritairement négatif et n’a pu dessiner l’avenir.»
Le concepteur de la campagne, Jacques Hintzy, justifiait lui
à l’époque de la façon suivante l’idée de décliner la même photo et le slogan
de la «France forte» sur une série de décors différents:
«Je
voulais l’immobilité de sa représentation parce que je voulais que la France
garde Giscard, que cela lui semble nécessaire.»
Photo: les affiches de campagne du premier tour de l'élection présidentielle de 1981. Valéry Giscard d'Estaing avait utilisé «Il faut une France forte» au second tour.
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