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Pourquoi, officiellement, les députés UMP croient encore en Sarkozy

Sébastien Tronche, mis à jour le 15.02.2012 à 14 h 25

«SI ON FAIT CAMPAGNE POUR SARKOZY ET QU'IL PERD, ce qui est de plus en plus probable, on va le payer en juin au moment des législatives. Pour ma part, je m'interroge sur la stratégie à adopter...» Le constat, signé d’un député UMP du Nord interrogé fin janvier par France Télévisions, est dur, lucide mais surtout… anonyme. Car si certains députés de la majorité expriment en off leurs doutes quant à une réélection de Nicolas Sarkozy et s’en inquiètent en vue des élections législatives, le discours officiel est, lui, résolument plus optimiste. 

Discréditer Hollande

Avec lui, «tout est possible», jugent les élus UMP. Pour Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône à l’origine de la très décriée proposition de loi voulue par le président sur le génocide arménien, la situation est loin d’être compromise car «la campagne n’a pas démarré». «C’est une bête politique assez exceptionnelle. C’est un champion de 100 mètres dans les starting-blocks et qui peut encore nous subjuguer», déclame l’élu du Finistère Jacques Le Guen, rejoint par le député de la Drôme Hervé Mariton pour qui le président a un «avantage en terme de lucidité et d’analyse de la situation de crise actuelle».

Surtout, les députés UMP estiment que c’est dans le duel avec François Hollande que le président sortant peut retourner une situation a priori compromise. «Nicolas Sarkozy n’est pas dans une situation défavorable. Il n’est pas encore entré en campagne», insiste Valérie Boyer qui, à l’instar de ses collègues, mise sur un discrédit du député de Corrèze et de son programme. Taxé de «démagogue», le candidat socialiste ne tiendrait pas un discours de «vérité» et de «cohérence» que seul le chef de l’Etat aurait «le courage» de tenir.

«Blitzkrieg» 

 «Je ne crois pas à l’adhésion des Français à des projets irréalistes comme ceux que prône François Hollande», tranche Eric Ciotti, membre de la Droite populaire. «Nicolas Sarkozy est le seul qui, sans démagogie, a présenté la réalité de la crise européenne, celui qui ne fait pas de promesses intenables comme le retour de la retraite à 60 ans», croit Laure de la Raudière, députée d’Eure-et-Loir, tandis que Jacques Le Guen pense que «les Français, qui ne comprennent pas toujours tout, sont conscients que seul un homme d’Etat peut sortir la France de la crise». Et ce dernier d’ajouter, pointant l’inexpérience gouvernementale de l’ancien premier secrétaire du Parti socialiste: «François Hollande, lui, a réussi à ne jamais devenir ministre

Nombreux sont ceux également à rappeler le précédent de 1995, quand Jacques Chirac ne pointait qu’à 11% dans les sondages à six mois de l’échéance qui l’a vu accéder à l’Elysée. Et même si le délai est aujourd’hui plus court pour inverser la courbe, tous veulent croire qu’une élection n’est «jamais gagnée ni perdue d’avance».

D’autant plus que, selon eux, l’entrée en campagne du président-candidat changera nettement le paysage.  «Le président va changer de braquet en devenant candidat», est persuadé Jacques Le Guen, qui pense qu’une «campagne blitzkrieg peut retourner la situation, d’autant plus que celle de François Hollande stagne».

Photo: Nicolas Sarkozy lors de ses voeux aux parlementaires, le 11 janvier 2012 à l'Elysée. REUTERS/Eric Feferberg/Pool.

Sébastien Tronche
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