CHRISTIAN VANNESTE, CONNU POUR SON OBSESSION A L'EGARD DE L'HOMOSEXUALITÉ, vient-il de faire la provocation de trop? Au cours d’une
longue interview mise en ligne par le site LibertePolitique.com le 10 février, le
député UMP a développé une théorie négationniste autour de «la fameuse légende de la déportation des homosexuels».
D’abord passée inaperçue, la sortie a été repérée
quelques jours plus tard par d’autres médias avant de provoquer la
condamnation de nombreux cadres de l’UMP. C'est sur le réseau social Twitter que beaucoup d'entre eux ont choisi d'appeler à des sanctions contre leur collègue, et même à son exclusion du parti. Mercredi 15 février, le bureau politique de l'UMP a embrayé en décidant à l'unanimité d'engager une procédure d'exclusion.
L’interview
vidéo en question, intitulée «Favoriser la famille pour préparer l’avenir», a été
mise en ligne par Liberté Politique, une association «fondée en
1992 par de jeunes chrétiens» qui propose de «servir son pays par une action culturelle et politique en dehors des
partis et être le porte-parole des chrétiens dans les grands débats de société».
Mais qui n’a apparemment rien vu de condamnable dans les propos du député.
Celui-ci explique, à partir de 4
minutes 30 dans la vidéo:
«Il y a aussi des légendes qui sont
répandues. Par exemple, il y a la fameuse légende de la déportation des
homosexuels. Il faut être très clair là aussi.
Manifestement Himmler avait un compte
personnel à régler avec les homosexuels. En Allemagne, il y a eu la répression
des homosexuels et la déportation qui a conduit à à peu près 30.000 déportés.
Et il n'y en a pas eu ailleurs. Et notamment en dehors des trois départements
annexés, il
n'y a pas eu de déportation homosexuelle en France.
On peut même dire si on veut être
méchant et monsieur Buisson l'a été lorsqu’il a parlé de la sexualité sous
l'occupation, on peut rappeler que lorsqu'un certain nombre d'intellectuels
français vont présenter leurs hommages à monsieur Goebbels, il y en a quand
même la moitié qui sont homosexuels. Et notamment avec à leur tête le ministre
de Pétain, Abel Bonnard dont tout le monde savait qu'il était homosexuel et que
les résistants appelaient d'une façon que l'on peut trouver drôle ou pas selon
les cas, la
gestapette.»
Pour certains cadres de l’UMP, c’en est trop. La ministre Nadine Morano écrit, mercredi 15 février, sur son compte Twitter: «Je
condamne fermement les propos de Christian VanNeste. Il ne peut pas porter ni
nos couleurs ni nos valeurs». Avant de préciser:
«En tant que déléguée générale en charge
des élections de l'UMP je suis favorable à lui retirer l'investiture de notre
mouvement». Franck Riester, député UMP, va dans le même sens: «Cette fois C.
Vanneste sera sanctionné! .@jf_cope
et le Bureau politique de #UMP
vont prendre des décisions fortes. #exclusion #investiture»
Même le député Eric Ciotti, membre
de la Droite populaire, mouvement plutôt conservateur sur les questions de
société, y va de son tweet de
condamnation: «Propos honteux de
vanneste J ai demandé son exclusion de l'UMP en bureau politique.» On signalera encore la réaction de Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice.
Contacté par Lemonde.fr, qui lui a appris la procédure le
visant, Christian Vanneste a réaffirmé «qu'il n'y a pas eu de
déportés homosexuels en France, en dehors des trois départements rattachés à l'Allemagne»
tout
en disant être prêt à «faire amende honorable» s’il
s’est trompé. Il
a également déclaré:
«Je n'ai pas à revenir sur
mes propos, je n'ai tenu aucun propos condamnable. Je pense que cette histoire
est stupide».
L'historien Mickaël Bertrand,
spécialiste de la question, estime
sur son blog à 62 le nombre de «déportés qui
ont été envoyés dans des prisons et des camps allemands en raison de leur
homosexualité» en France, mais il précise que «cela
ne signifie pas pour autant que des centaines d'homosexuels français n'ont pas
été déportés en tant que juifs, communistes et/ou résistants».
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Il y a un longtemps que cela aurait du être fait. Ca sera de l'opportunisme.