PresidentiellePrésidentielle 2012 live directFrance

Christian Vanneste lâché par l'UMP après son dérapage sur l'homosexualité

Grégoire Fleurot, mis à jour le 15.02.2012 à 23 h 35

CHRISTIAN VANNESTE, CONNU POUR SON OBSESSION A L'EGARD DE L'HOMOSEXUALITÉ, vient-il de faire la provocation de trop? Au cours d’une longue interview mise en ligne par le site LibertePolitique.com le 10 février, le député UMP a développé une théorie négationniste autour de «la fameuse légende de la déportation des homosexuels».

D’abord passée inaperçue, la sortie a été repérée quelques jours plus tard par d’autres médias avant de provoquer la condamnation de nombreux cadres de l’UMP. C'est sur le réseau social Twitter que beaucoup d'entre eux ont choisi d'appeler à des sanctions contre leur collègue, et même à son exclusion du parti. Mercredi 15 février, le bureau politique de l'UMP a embrayé en décidant à l'unanimité d'engager une procédure d'exclusion.

L’interview vidéo en question, intitulée «Favoriser la famille pour préparer l’avenir», a été mise en ligne par Liberté Politique, une association «fondée en 1992 par de jeunes chrétiens» qui propose de «servir son pays par une action culturelle et politique en dehors des partis et être le porte-parole des chrétiens dans les grands débats de société». Mais qui n’a apparemment rien vu de condamnable dans les propos du député. Celui-ci explique, à partir de 4 minutes 30 dans la vidéo:

«Il y a aussi des légendes qui sont répandues. Par exemple, il y a la fameuse légende de la déportation des homosexuels. Il faut être très clair là aussi.

Manifestement Himmler avait un compte personnel à régler avec les homosexuels. En Allemagne, il y a eu la répression des homosexuels et la déportation qui a conduit à à peu près 30.000 déportés. Et il n'y en a pas eu ailleurs. Et notamment en dehors des trois départements annexés, il n'y a pas eu de déportation homosexuelle en France.

On peut même dire si on veut être méchant et monsieur Buisson l'a été lorsqu’il a parlé de la sexualité sous l'occupation, on peut rappeler que lorsqu'un certain nombre d'intellectuels français vont présenter leurs hommages à monsieur Goebbels, il y en a quand même la moitié qui sont homosexuels. Et notamment avec à leur tête le ministre de Pétain, Abel Bonnard dont tout le monde savait qu'il était homosexuel et que les résistants appelaient d'une façon que l'on peut trouver drôle ou pas selon les cas, la gestapette.»

Pour certains cadres de l’UMP, c’en est trop. La ministre Nadine Morano écrit, mercredi 15 février, sur son compte Twitter: «Je condamne fermement les propos de Christian VanNeste. Il ne peut pas porter ni nos couleurs ni nos valeurs». Avant de préciser: «En tant que déléguée générale en charge des élections de l'UMP je suis favorable à lui retirer l'investiture de notre mouvement». Franck Riester, député UMP, va dans le même sens: «Cette fois C. Vanneste sera sanctionné! .@jf_cope et le Bureau politique de #UMP vont prendre des décisions fortes. #exclusion #investiture»

Même le député Eric Ciotti, membre de la Droite populaire, mouvement plutôt conservateur sur les questions de société, y va de son tweet de condamnation: «Propos honteux de vanneste J ai demandé son exclusion de l'UMP en bureau politique.» On signalera encore la réaction de Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice.

Contacté par Lemonde.fr, qui lui a appris la procédure le visant, Christian Vanneste a réaffirmé «qu'il n'y a pas eu de déportés homosexuels en France, en dehors des trois départements rattachés à l'Allemagne» tout en disant être prêt à «faire amende honorable» s’il s’est trompé. Il a également déclaré:

«Je n'ai pas à revenir sur mes propos, je n'ai tenu aucun propos condamnable. Je pense que cette histoire est stupide».

L'historien Mickaël Bertrand, spécialiste de la question, estime sur son blog à 62 le nombre de «déportés qui ont été envoyés dans des prisons et des camps allemands en raison de leur homosexualité» en France, mais il précise que «cela ne signifie pas pour autant que des centaines d'homosexuels français n'ont pas été déportés en tant que juifs, communistes et/ou résistants».

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte