CE DEVAIT ÊTRE LA DERNIÈRE RÉFORME du gouvernement, la dernière mesure adoptée par l'Assemblée nationale avant la fin de la session parlementaire, début mars. Le projet de TVA sociale a été rejeté en commission des Finances
par un amendement socialiste au projet de loi de finances
rectificative, lundi 13 février, grâce à de nombreuses absences dans les
rangs de la majorité.
Lundi après-midi, ils n'ont été qu'une vingtaine à faire le déplacement
pour examiner le projet, si bien que les socialistes se sont avérés plus
nombreux et ont pu ainsi retoquer le dispositif initial. Un rejet plus
symbolique que réel puisque, dans les faits, la majorité pourra à
nouveau amender le texte lors de son examen en séance publique.
Cependant, l'épisode dénote la profonde division de la droite
gouvernementale à son sujet et sa difficulté croissante à faire bloc
derrière un projet commun.
Pour Jean-Marc Ayrault, l'absence des députés UMP «est révélateur d'un malaise», a-t-il fait savoir à Libération. «Ils savent déjà que le bilan de
Nicolas Sarkozy est catastrophique et ils vont revenir dans leurs
circonscriptions avec une hausse de la TVA qui va entamer le pouvoir
d'achat et casser la croissance».
L'idée de relever le taux
de la TVA de 1,6 points et de faire porter le coût d'une partie des
dépenses sociales sur la consommation plutôt que sur le travail n'a
visiblement pas irrité que les élus socialistes. De nombreux députés UMP avaient fait connaître leur opposition à cette mesure, Lionnel Luca, du collectif Droite populaire, allant même jusqu'à parler de «suicide politique».
Photo: l'Assemblée nationale. REUTERS/Benoît Tessier.
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