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Seul Dupont-Aignan a «célébré» les vingt ans de Maastricht

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 08.02.2012 à 15 h 32

Signé le 7 février 1992, le célèbre traité reste aujourd'hui un objet de débat entre la majorité et l'opposition ainsi qu'entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

EN CES TEMPS DE CRISE DE LA DETTE EUROPÉENNE, l’anniversaire n’a pas été célébré avec faste: le 7 février marquait les vingt ans de la signature du traité de Maastricht, sur lequel les douze membres, à l’époque, de l’Union européenne, s’étaient accordé le 10 décembre 1991 avant de le signer formellement le 7 février 1992. Après ratification (par 51% des voix par référendum en France), le texte était entré formellement en vigueur le 1er janvier 1993.

Le seul candidat à avoir marqué le coup mardi est l’un des plus opposés à l’euro, Nicolas Dupont-Aignan, qui s’est rendu dans un supermarché de Lille pour dénoncer «l’arnaque de l’euro» en remplissant deux caddies de produits dont les prix ont selon lui explosé (ce n’est pas une première de sa part: souvenez-vous de cette vidéo).

Le député de l’Essonne n'était pas parlementaire à l’époque, au contraire de cinq candidats ou presque candidats à la présidentielle: les députés Nicolas Sarkozy, François Hollande, François Bayrou et Christine Boutin et le sénateur Jean-Luc Mélenchon. Tous avaient voté «oui» au référendum à l’exception de Boutin, qui faisait d’ailleurs partie des 73 sénateurs qui avaient désapprouvé en juin 1992 la révision constitutionnelle préalable à la ratification du traité.

«Maastricht, c'était François Mitterrand»

Vingt ans plus tard, dans sa conférence de presse post-conseil des ministres franco-allemand de lundi, Nicolas Sarkozy a fait appel à ses souvenirs de l’époque pour écarter toute idée de renégociation du récent traité de Bruxelles:

«Maastricht, c'était François Mitterrand. Imaginez qu'au prétexte que François Mitterrand était socialiste, Jacques Chirac, qui lui a succédé, aurait dû dire: ce traité était mauvais par le seul fait que mon prédécesseur était de gauche.»

A l’époque, le RPR, qui s’était déchiré sur le traité (François Fillon avait d’ailleurs voté «non»), se plaignait néanmoins, par la voix du même Nicolas Sarkozy, alors son secrétaire général adjoint, de son «manque formidable d'ambition»: «Le président se trompe lorsqu'il dit qu'on ne peut pas renégocier Maastricht ou modifier quoi que soit de Maastricht, c'est faux», lançait-il également.

En décembre dernier, à l'Assemblée nationale, Alain Juppé avait reproché à la gauche d'avoir signé à l'époque un texte mal «fagoté», alors que Jean-Marc Ayrault reprochait à la majorité de ne pas respecter «la première règle d'or», celle des 3% de déficit fixée par le traité.

Quand Mélenchon y voyait un «contrepoids politique»

L’épisode de la ratification du traité fait aussi débat aujourd'hui entre deux candidats qui ont prôné le «non» au référendum sur la Constitution européenne de 2005, mais n’avaient pas voté dans le même sens en 1992: Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qu’on voit ici, il y a vingt ans, expliquer que «Maastricht est le contrepoids politique à la libre circulation des capitaux et des marchandises», tout en se disant «pas totalement satisfait» du texte.

La candidate du FN a ironisé à plusieurs reprises sur le soutien du patron du Front de gauche à Maastricht, lançant par exemple lors de ses vœux que «les candidats du "oui" à la Constitution européenne de 2005, du "oui" au Traité de Lisbonne, du "oui" à Maastricht [...] n'ont aucune crédibilité sur la question de la crise et de la réindustrialisation». Jean-Luc Mélenchon a lui regretté son vote en estimant que c'est Jean-Pierre Chevènement «qui avait raison» à l’époque en s’opposant au traité.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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