SELON LE FIGARO, LES CONSEILLERS DE NICOLAS SARKOZY auraient
du mal à trouver une date pour sa déclaration de candidature dans un calendrier
devenu un «champ de mines» avec ses saints patrons et ses fêtes, religieuses ou
non. Le 14 février? La Saint-Valentin, «trop mièvre». Le 15? La Saint-Claude,
comme Guéant. Le 20 février ? La Saint-Aimée. Le 21 février? Mardi-gras, ce
qui serait source de «sarcasmes». Le 22? Le mercredi des Cendres, ce qui serait
trop «bling bling» pour les catholiques. Le 23? Saint-Lazare, le ressuscité. Le 24? Saint-Modeste…
Cette histoire de date et de saints n’est pas une première.
En 1965, le général de Gaulle s’était ainsi déclaré le jeudi 4 novembre, jour
de la… Saint-Charles. A l’époque, son entourage avait, comme le raconte le ministre de l’Information de l'époque Alain Peyrefitte dans ses Mémoires C’était de
Gaulle, noté la coïncidence et craint qu’elle ne fasse rire, mais avait estimé
qu’elle ne serait pas remarquée avant la sortie du Canard Enchaîné, le mercredi
qui suit.
En 1994, Jacques Chirac avait, en hommage au fondateur de la
Ve République, choisi la même date pour se déclarer depuis Lille, la ville
natale de De Gaulle, dans les colonnes de La Voix du Nord. «Chirac s'est jeté à
l'eau le jour de la Saint-Charles. "Comme le Général", confie-t-on religieusement
dans son entourage», pouvait-on lire à l’époque dans L’Express.
A défaut de pouvoir lui aussi se déclarer le 4 novembre ou
le jour de son saint patron (la Saint-Nicolas, le 6 décembre), Nicolas Sarkozy
a encore de nombreux jours à sa disposition. Pourquoi pas dès demain, le 7 février, pour les vingt ans du traité de Maastricht? Ou le 29 février (jour exceptionnel puisqu'il n'y en a qu'un tous les quatre ans)? Ou le 8 mars (journée internationale de la femme)?
A éviter en revanche, le 25 février (jour où on commémorera les 90 ans de l'exécution de Landru, condamné pour le meurtre de onze femmes), le 1er mars (qui marqua en 1815 le début des Cent-Jours de Napoléon —il en restera cinquante avant la présidentielle) ou une autre Saint-Charles, celle du 2 mars: c’est le jour où Valéry Giscard d’Estaing,
le seul président sortant qui a échoué à se faire réélire, s’était présenté en
1981.
Quand à la date choisie par François Mitterrand en 1988, le
22 mars, elle est juridiquement impossible puisque les parrainages devront parvenir
au Conseil constitutionnel le 16 mars et que la liste des candidats devrait être
publiée le 19 mars. Et elle aurait pu susciter le sarcasme: le 22 mars, c’est
une date fondatrice du mouvement de mai 68, dont le président disait il y a
cinq ans vouloir «liquider l’héritage».
Photo: détail d'un calendrier républicain de 1794. Philibert Louis Debucourt via Wikimedia Commons.
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Dire que je viens de me créer un compte juste pour faire cette vanne pourrie ... Ça valait le coup :)