La fin de la Cour de justice de la République, Fillon et Juppé presque dans les bras l'un de l'autre, le retour de Hulot, Sarkozy mal-aimé par les Français, Ségolène Royal et ses problèmes de domicile... notre revue de web de la présidentielle
1.Hollande
veut supprimer la Cour de justice de la République
Selon
le Nouvel Observateur, François Hollande devrait
faire sensation lundi 6 février dans le monde judiciaire. S’il est élu le 6
mai à la présidence de la République, la Cour de justice de la République
(CJR), instaurée par François Mitterrand en 1993, disparaîtra. Le candidat
socialiste entend supprimer cette juridiction d’exception, chargée de juger les
ministres ayant commis une infraction dans l’exercice de leurs fonctions, et
qui, depuis sa création, s’est surtout distinguée pour sa lenteur à faire
aboutir les dossiers. En cas de disparition de la CJR, les membres du
gouvernement éventuellement mis en examen à l’avenir, seront renvoyés devant un
tribunal ordinaire, comme n’importe quel citoyen. François Hollande entend en
faire l’annonce lundi en fin d’après-midi, à l’occasion d’une réunion publique consacrée
aux questions de justice et de sécurité.
2.Fillon
et Juppé s'adorent…
Il
n'y a pas de doute la campagne est bien lancée. Pour preuve, François Fillon et
Alain Juppé ont fait vendredi 3 février assaut
d'amabilités à un point difficile à imaginer lors d'une visite du Premier
ministre à Bordeaux, sur les terres du ministre des Affaires étrangères.
Les
deux hommes, qui jusque-là se détestaient cordialement, se sont tutoyés et
complimentés. «C'est un très grand honneur pour la ville et pour moi un très
grand plaisir de t'accueillir aujourd'hui», a lancé dans sa mairie le ministre
des Affaires étrangères, précisant qu'il n'avait pourtant «pas de subvention à
demander». Le numéro 2 du gouvernement, ministre d'Etat, a énuméré les qualités
qu'il prête au Premier ministre: «le sérieux bien sûr, la rigueur
intellectuelle et morale, la ténacité dans l'accomplissement de ta tâche, et
puis aussi ton attachement à la République». En retour, M. Fillon en a presque
fait autant: «Bordeaux a un très grand et un très bon maire et mon gouvernement
a un très grand et un très bon ministre des Affaires étrangères».
3.Hulot
revient et Joly n'est pas ravie
Après avoir
voyagé avec sa famille pour se remettre de sa défaite, Nicolas Hulot, candidat
malheureux à la primaire écologiste revient
dans le jeu politique dans quelques jours. Il donnera une interview au Monde dans laquelle il expliquera
pourquoi il faut parler d'écologie dans cette campagne... tout en se gardant
bien d'apporter son soutien explicite à Eva Joly! Une sortie qui décevra sans
doute Eva Joly. Dans son autobiographie Sans
tricher (Les Arènes), elle écrit à propos de son ex-concurrent, après
l'avoir dépeint quelques pages plus haut comme le «favori» des «élites politiques
et médiatiques» : «J'ai aussitôt pensé qu'une fois son chagrin passé, Nicolas
m'aiderait dans la campagne, comme il s'y était engagé.» Mais elle a peut-être
été un peu trop loin dans la campagne des primaires écolo. «Si elle ne l'avait
pas traité de candidat des
multinationales, il aurait fait le job!» décrypte un de ses ex-partisans.
4.Sarkozy le
mal-aimé
Pour le ministre de l'Intérieur Claude Guéant
qui s'exprimait vendredi sur Radio Classique et Public Sénat, Nicolas Sarkozy
«souffre d'un
défaut d'affection des Français». Interrogé sur des regrets exprimés par le
président de la république, M. Guéant a répondu: «Nicolas Sarkozy a déjà eu
l'occasion d'exprimer des regrets sur tel ou tel événement de son quinquennat,
il l'a déjà fait dans beaucoup de conversations que les uns et les autres ont
entendues. Faut-il qu'il exprime sa vision des choses, la façon dont il a vécu
sa présidence dans un livre - on dit qu'il en prépare un? Ce sera très bien, je
crois qu'il serait bien qu'il lève quelques malentendus, qu'il explique la
genèse de certaines décisions pour que les Français comprennent mieux», a
poursuivi le ministre. «La crédibilité de Nicolas Sarkozy pour exercer le
pouvoir suprême est là», a assuré ce proche du chef de l'Etat. «C'est vrai
qu'il souffre d'un défaut d'affection des Français, mais il n'empêche qu'il a
fait la preuve de cette capacité».
5.Législatives:
Ségolène Royal a des problèmes de domicile
Comme Rama Yade à Colombes, on reproche à l'ancienne
candidate socialiste de ne pas
être domicilée à la Rochelle, ce qui l'empêcherait de se présenter aux
prochaines législatives de juin 2012. Un électeur de la Rochelle qui a saisi le
tribunal d'instance pour contester la domiciliation de la candidate. A l'origine
de la polémique, le fait que l'adresse donnée par la candidate pour justifier
son inscription sur la liste électorale de la ville ne permette pas de joindre
la candidate ou de lui remettre des courriers qui lui sont destinés. Pour le
moment, la présidente de la région Poitou n'habite pas encore vraiment dans le
local.
Cette dernière s'est pourtant justifiée en expliquant
qu'elle était titulaire d'un bail à la Rochelle «par souci de cohérence et de respect vis-à-vis de ses électeurs»
et a souligné que son inscription sur les listes électorales a été validée par
une commission administrative qui comprend des représentants du préfet et du
TGI. Ségolène Royal fait face à beaucoup de contestations, même au sein du
bureau socialiste rochelais, qui parle de «parachutage» et dénonce cette
situation.