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Cécile Duflot, le «regard bovin», les «sextoys» et le «connard»: la réaction du journaliste

Grégoire Fleurot, mis à jour le 02.02.2012 à 16 h 24

Capture d'écran de l'article de L'Union.

Capture d'écran de l'article de L'Union.

Slate a interrogé le journaliste Bruno Testa sur les amabilités qu'il échange avec Cécile Duflot par articles et tweets interposés.

BRUNO TESTA, JOURNALISTE POLITIQUE A L’UNION, le grand quotidien de la région Champagne-Ardennes, n’a apparemment pas apprécié l’attitude, jugée impolie, de Cécile Duflot lors d’un déplacement à Reims. Et le fait savoir tout en élégance et en délicatesse dans un article publié mercredi 1e février: ça commence par un «tête à claques», ça continue par un grammaticalement incertain «le puits sans fond de son regard bovin qui a vu passer plus d'un train» et se conclut par une attaque contre l'«autiste verte» qui joue «avec ses téléphones comme d'autres jouent avec leur sex-toy dans leur bain».  

Un article qui serait sans doute passé relativement inaperçu si Cécile Duflot elle-même ne l’avait pas signalé sur son compte Twitter quelques heures après sa publication avec un message où elle qualifie son auteur de «connard».

Il n’en fallait pas plus pour que l’«affaire» soit reprise dans les revues de presse matinales des radios le lendemain et soit l’objet de plusieurs articles sur Internet.  La secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts aura au moins appris une leçon, ne pas faire de la publicité gratuite à un article insultant, et écrit sur son compte Twitter:

Elle y précise aussi qu’elle «aime la presse locale & régionale» et répond toujours «avec attention aux petites radios indépendantes et aux étudiants journalistes», avant de clore l’affaire:

Mais c’était sans compter sur la pugnacité de Bruno Testa, qui se fend d’un second article, tout aussi insultant, pour justifier sa première attaque.

Contacté par Slate.fr, le journaliste de l’Union assume totalement ses deux articles. Pour le premier, il explique qu’il s’agit d’un article «volontairement polémique» et «pas objectif» en réaction à l’attitude de Cécile Duflot, venue présenter les candidats EELV aux législatives de la Marne:

«Quand on invite la presse, c’est pas pour rester au téléphone et tweeter, elle ne levait jamais la tête, ne répondait pas aux questions.»
Le journaliste comprend-il la réaction de la responsable politique?
«Oui, je trouve que c’est une réaction normale. Ça m’amuse qu’on me traite de connard.»

Sur les accusations de sexisme contre son article:

«Je suis un homme, j’écris avec mon sexe. [...] Il y a plein de femmes qui ont apprécié mon article, il y en a qui n’ont pas apprécié aussi. Une lectrice m’a dit qu’elle ne le trouvait pas sexiste du tout.»

Pour ce qui est du deuxième article, Bruno Testa explique que son but était de donner le contexte, et notamment le fait que Cécile Duflot l’aurait qualifié de «journaliste d’extrême droite» à cause d’une question qu’il aurait posée sur le vote ouvrier.

L'AUTRE LEÇON INTERNET DU JOUR pour Cécile Duflot, c’est qu’il n’est jamais recommandé de réagir à chaud sur Twitter, surtout quand on est un personnage politique. Là encore, elle s’en est rendue compte en effaçant son premier message qui contenait l’insulte «connard».

A sa décharge, Cécile Duflot fait partie des quelques responsables politiques de premier plan qui utilisent Twitter de manière assez personnelle, écrivent leurs messages eux-mêmes sans passer par un membre de son équipe de communication et répondent lorsqu’ils sont interpellés par des internautes. Et s’expose de ce fait à des petits couacs comme celui de mercredi, à l’image d’Eric Besson qui avait en octobre dernier publié un message à caractère privé sur son compte Twitter avant de se rattraper de manière plutôt efficace

G.F.

Edit: article complété le 2 février 2012 à 15h15 avec les réactions de Bruno Testa.

Pour tout savoir sur Cécile Duflot, son parcours, ses idées, son réseau, consultez sa fiche Wikipol, et n'hésitez-pas à la compléter en vous inscrivant sur notre encyclopédie participative de la vie politique française.


Grégoire Fleurot
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Journaliste
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