Slate a interrogé le journaliste Bruno Testa sur les amabilités qu'il échange avec Cécile Duflot par articles et tweets interposés.
BRUNO TESTA, JOURNALISTE POLITIQUE A L’UNION, le grand quotidien de la
région Champagne-Ardennes, n’a apparemment pas apprécié l’attitude, jugée
impolie, de Cécile Duflot lors d’un déplacement à Reims. Et le fait savoir tout en élégance et en délicatesse
dans un article publié mercredi 1e février: ça commence
par un «tête à claques», ça continue par un grammaticalement incertain
«le puits sans fond de son regard bovin qui a vu passer plus d'un train»
et se conclut par une attaque contre l'«autiste verte» qui joue «avec
ses téléphones comme d'autres jouent avec leur sex-toy dans leur bain».
Un article qui serait sans doute passé relativement
inaperçu si Cécile Duflot elle-même ne l’avait pas signalé sur son compte
Twitter quelques heures après sa publication avec un message où elle qualifie son auteur de
«connard».

Il n’en fallait pas plus pour que l’«affaire» soit
reprise dans les revues de presse matinales des radios le lendemain et soit l’objet
de plusieurs articles sur Internet. La secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les
Verts aura au moins appris une leçon, ne pas faire de la publicité gratuite à
un article insultant, et écrit sur son compte Twitter:

Elle y précise aussi qu’elle «aime la presse locale & régionale»
et répond toujours «avec attention aux
petites radios indépendantes et aux étudiants journalistes», avant de clore
l’affaire:

Mais c’était sans compter sur la pugnacité de Bruno Testa, qui se fend d’un second article, tout aussi insultant, pour justifier sa première attaque.
Contacté
par Slate.fr, le journaliste de l’Union assume
totalement ses deux articles. Pour le premier, il explique qu’il s’agit
d’un article «volontairement polémique» et «pas objectif» en réaction à l’attitude de Cécile Duflot, venue présenter les candidats EELV aux législatives de la Marne:
«Quand
on invite la presse, c’est pas pour rester au téléphone et tweeter,
elle ne levait jamais la tête, ne répondait pas aux questions.»
Le journaliste comprend-il la réaction de la responsable politique?
«Oui, je trouve que c’est une réaction normale. Ça m’amuse qu’on me traite de connard.»
Sur les accusations de sexisme contre son article:
«Je
suis un homme, j’écris avec mon sexe. [...] Il y a plein de femmes qui ont
apprécié mon article, il y en a qui n’ont pas apprécié aussi. Une
lectrice m’a dit qu’elle ne le trouvait pas sexiste du tout.»
Pour ce qui est du deuxième article, Bruno Testa explique que son but était de donner le
contexte, et notamment le fait que Cécile Duflot l’aurait qualifié de «journaliste d’extrême droite» à cause d’une question qu’il aurait posée sur le vote ouvrier.
L'AUTRE LEÇON INTERNET DU JOUR pour Cécile Duflot, c’est qu’il n’est jamais recommandé de réagir à chaud sur
Twitter, surtout quand on est un personnage politique. Là encore, elle s’en est rendue compte en
effaçant son premier message qui contenait l’insulte «connard».
A sa décharge, Cécile Duflot
fait partie des quelques responsables politiques de premier plan qui utilisent
Twitter de manière assez personnelle, écrivent leurs messages eux-mêmes sans
passer par un membre de son équipe de communication et répondent lorsqu’ils
sont interpellés par des internautes. Et s’expose de ce fait à des petits
couacs comme celui de mercredi, à l’image d’Eric Besson qui avait en octobre
dernier publié un message à caractère privé sur son compte Twitter avant de se
rattraper de
manière plutôt efficace.
G.F.
Edit: article complété le 2 février 2012 à 15h15 avec les réactions de Bruno Testa.
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