«JACQUES CHEMINADE A LES 500 SIGNATURES», titrait ce
matin Le Figaro. Un raccourci (non présent dans le texte de l’article) que nous
avons repris dans notre article consacré au sujet et qui mérite un petit
rectificatif: il ne s’agit pas de signatures, mais de promesses de signatures.
Pour l’instant, il est impossible pour un élu de signer un
formulaire de parrainage en faveur d’un candidat. Ceux-ci seront en effet
envoyés par les préfets aux élus concernés à partir du 24 févrie, une fois que le
ministère de l’Intérieur aura publié le décret de convocation des électeurs. En
2007, compte tenu du cumul des mandats, on estimait à plus de 42.000 le nombre
d’élus habilités à parrainer un candidat, dont les trois quart étaient des maires.
De nombreuses règles gouvernent ces parrainages: les 500
signatures doivent émaner d’au moins trente départements différents et un candidat
ne peut en présenter plus de cinquante venant du même département. Un élu ne
peut donner qu’un seul parrainage, ne peut se rétracter une fois que son
formulaire a été envoyé rue Montpensier et ne peut exiger l’anonymat (pour chaque candidat, seulement 500 noms, choisis par tirage au sort, seront publiés au Journal officiel). Les formulaires doivent parvenir au plus tard au Conseil constitutionnel le vendredi 16 mars à 18 heures, sachant que les candidats peuvent en collecter et en déposer de leur côté.
Depuis 1981, première élection où la règle des 500 signatures s'est appliquée, le nombre de parrainages a oscillé entre 14.462
(1995) et 17.815 (2002), soit en moyenne 1.000 à 1.500 parrainages par
candidat —beaucoup plus pour les gros, beaucoup moins pour les «petits», qui terminent fréquemment entre 500 et 600. Lors des deux dernières élections présidentielles, le Conseil constitutionnel avait invalidé environ 1% des parrainages et avait par ailleurs informé les candidats jour après
jour du nombre de formulaires reçus.
Et s’il arrive fréquemment qu’un candidat affirme avoir
obtenu 500 promesses de signatures afin de donner du crédit à sa campagne, cela
ne préjuge pas du résultat final... Fin janvier 2002, Charles Pasqua avait ainsi
affirmé qu’il avait les 500 promesses, mais ne les avait pas concrétisées. En 2007, l’homme d’affaires Rachid
Nekkaz avait connu la même mésaventure, tout en créant la polémique en mettant aux
enchères la signature d’un maire… avant de la déchirer.
Photo: la façade du Conseil constitutionnel. REUTERS/Charles Platiau.
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