Ou quand le cheveu nous en dit long… Au terme de ce papier, vous saurez, preuves à l’appui, si Nicolas Sarkozy va se représenter.
Par Titiou Lecoq |
publié le 30/01/2012 à 15h20, mis à jour le 08/02/2012 à 19h20
Au lendemain de l’intervention télévisée du président de la
République, on ne peut que s’étonner que les commentateurs ne s’attardent pas
davantage sur un élément fort de cette prestation. Certes, il y a eu la hausse de
la TVA, la baisse des charges patronales, mais il y avait surtout les cheveux de
Nicolas Sarkozy.
Ma fascination pour sa nature capillaire ne
date pas d’hier. Ni de son élection. Ça a dû me prendre du temps où il était
ministre. A l’époque, ses apparitions quotidiennes au 20 heures étaient une occasion
sans cesse renouvelée de m’interroger sur la possibilité ontologique de son
cheveu. Le cheveu sarkozyste bénéficie, semble-t-il naturellement, d’un effet
«vague». Un truc improbable qui ressemble de profil à ça: ≈.
Même quand il était jeune et portait le cheveu plus long, on
discernait la fameuse vaguelette ondulante, portée sur le côté pour un style
«méché».
Ça, c’était évidemment du cheveu de futur Président. Du
cheveu de mec qu’on peut réveiller à 4 heures du mat en cas de guerre nucléaire et
qui sera pré-coiffé.
Bref, pour revenir à l’analyse de sa prestation d’hier,
notre Président arborait sa vague coutumière et ses cheveux grisonnants.
Et là, il n’y a rien qui vous choque?
Ses cheveux grisonnants… Un peu comme en 2007, non?
Nicolas Sarkozy et Carla Bruni en Egypte en 2007. REUTERS/Nasser Nuri
Certes, le visage a changé, il est marqué, comme tous les présidents. La fonction leur assure un vieillissement accéléré. Mais ses
cheveux n’ont pas bougé, ce qui est pour le moins troublant. Aussitôt, je
décidai de me lancer dans une investigation et là, le choc.
En 2010, Nicolas Sarkozy avait le cheveu blanc.
Capture d’écran intervention télévisée du 12 juillet 2010.
On peut donc en déduire qu’il s’est teint les cheveux mais
dans ce cas pourquoi lui reste-t-il des cheveux gris sur les tempes et
au-dessus du front? Perso, une coloriste me fait une demi-teinture, je lui fais
avaler ses tubes d’ammoniaque par intraveineuse.
De deux choses l’une: soit le Président se fait
teindre par une apprentie coiffeuse de la rue du Château d’Eau, soit il a
demandé expressément une demi-coloration. Et dans ce cas, pourquoi?
La coloration parce qu’il ne doit pas avoir l’air vieux, usé
et fatigué face à François Hollande qui affiche une ligne irréprochable. Mais
en demi-teinte parce qu’il doit ressembler à un capitaine de navire courageux
bravant la tempête pour nous mener jusqu’au port de la prospérité (oui,
parfois, j’aime faire du Raffarin). La métaphore de la tempête, qui porte en
creux celle du capitaine, était d’ailleurs encore présente dimanche («Depuis 3
ans le monde connaît des tempêtes»), voire pire qu’une tempête puisqu’il a
comparé la crise à un tsunami.
Donc, il a opté pour le cheveu grisonnant du quadra/quinqua
sexy. Mais en réalité, plus que la figure du capitaine de bateau, celle qui
émergeait de la stratégie capillaire et élocutoire du Président, c’est celle du
bon père de famille. Un rôle auquel on n’a pas franchement l’habitude de
l’identifier (à moins d’avoir soi-même eu un père souffrant de tics nerveux).
Et toute son attitude hier confirmait cette volonté: il suintait le
paternalisme.
voix calme, sérieux, gestes lents pour bien expliquer,
vocabulaire concret: «Il faut être précis», «Prenons un exemple», «Je
veux que les Français comprennent bien».
marque d’autorité mais juste ce qu’il faut (voir le nombre
de fois où il a réussi à répéter que lui, il est président, comprendre:
moi j’ai des responsabilités, comprendre: moi je suis un adulte,
comprendre: les autres candidats sont des enfants).
un père à la fois expérimenté, fiable et dans la force de
l’âge. «J’ai une longue vie politique
derrière moi», «Le devoir de lucidité, ça compte dans la vie. J'ai connu bien
des épreuves, bien des hauts et bien des bas», «J’ai fauté quand j’étais plus
jeune».
un père qui sait se sacrifier pour ses enfants: «La
personne qui a perdu son emploi, qui me regarde, qu'est-ce que ça peut lui
faire mes états d'âme?». Il est là pour parler aux Français de la situation, il
n’est pas question d’évoquer ses états d’âme, même s’il y a «une telle pression
sur les épaules d’un Président» mais comme il nous l’a susurré avec gourmandise:
«Je ne veux pas me confier comme ça».
un père qui sait des choses sur la vie, qui a appris le
relativisme face à l’agitation du monde: «Je suis lucide», «Je ne dirais même
pas de vérité parce qu’il peut y avoir plusieurs vérités» (ça, c’était la
remarque philosophique à la Mitterrand de supérette).
un père qui transmet des valeurs, voir des leçons: «Chacun
d'entre nous, on devrait se respecter» (=ne mets pas tes coudes sur la
table).
Même sa façon de présenter le «peuple français» dessinait le
portrait d’un adolescent rebelle et sans concession: «Les Français c'est un
peuple libre, frondeur, souverain, qui ne se laisse imposer sa décision par
personne». Frondeur est un adjectif généralement associé à la jeunesse. Et si
on y rajoute la célébration du couple franco-allemand qu’il a faite hier, on a
une métaphore filée où Angela Merkel est notre maman.
Le positionnement paternaliste est politiquement très
risqué. Certes, il a parfaitement réussi à François Mitterrand pour son
deuxième mandat, mais il porte en soi, en tant que stratégie électorale, un
paradoxe. Si nous étions vraiment des enfants dont il prend soin, nous
n’aurions pas le droit de vote.
Evidemment, c’était là un essai de stratégie en vu de la
campagne électorale. Une posture qui rend parfaitement cohérent le refus de se
déclarer candidat pour l’instant, ce refus devenant de facto un élément même de
sa campagne, de même que son cheveu grisonnant. Ce qui fait que je suis en
mesure de vous affirmer SCOOP, flash, titre qui clignote EXCLUSIF, que Nicolas
Sarkozy va présenter sa candidature à l’élection présidentielle.
Titiou Lecoq
Photo: Nicolas Sarkozy, le dimanche 29 janvier à l'Elysée, interrogé par Claire Chazal (TF1) et Laurent Delahousse (France 2). REUTERS/Lionel Bonaventure/Pool.
Ainsi le chômage nous guette tous et c'est normal d'être payé moins si on veut que tout le monde travaille: un argument qu'on entend tous les ans par son manager, il y aura le tampon "vu à la télé" dessus désormais. De même pour le temps de travail, on pourra expliquer: voilà, je donne tant aux actionnaires, les managers se partagent tant, il reste tant, c'est parce que tu ne travailles pas assez... là aussi tampon "vu à la télé" qui fait foi. Alors bon évidemment tout cela fera partie d'une négociation dans chaque entreprise... le mieux ce serait même que chaque employé soit reçu par 10 managers, histoire de bien faire comprendre à chacun que son cas individuel est pris en compte avec sérieux. On sent bien que Sarkozy lui-même pourra venir expliquer que le prix du pétrole, la crise en Grèce, la mauvaise année pour le vin, le manque de neige à la montagne... et toutes ces très bonnes raisons empêchent de continuer à garder le même taux de répartition des salaires. Non le mérite ça existe, et il faut féliciter avec plus d'argent ceux qui le méritent vraiment (on les reconnait à l'argent qu'ils touchent).
Alors très rapidement il a rit des idiots qui parlaient de la société de service... lol, comme si le service ça pouvait créer de la valeur. Alors bon, moi en même temps je zappais sur Arte qui parlait des fromages, et je me demandais si Sarkozy n'avait pas été victime du bug de l'an 2000 en fait: il faut l'aider, son compteur ne s'incrémente plus ! Alors il parlait de multimedia ou de home cinema ou je ne sais plus en fait, j'avoue. Je suis chez Free, c'est à dire que chez moi j'ai une freebox Revolution, ou plutôt free me loue une freebox, ou plus exactement, même si ça y ressemble au niveau du prix des obligations et tout, ils me mettent à disposition une freebox afin de pouvoir me rendre un service. Sur Arte il y a eu une rediffusion du documentaire sur l'obsolescence programmée (mais c'est le retour aux années 50 que tous nos candidats veulent, Sarkozy n'est pas le seul) et donc je me suis dit qu'un fournisseur de lumière aurait plus intérêt à avoir des ampoules qui durent qu'un vendeur d'ampoules... Mais Sarkozy, le produit, il y croit et c'est l'avenir. D'ailleurs, la freebox, elle est assemblée de composants qui viennent d'où ? En fait le secret c'est qu'on s'en fout, la production est dé-corrélée du territoire depuis la fin de la Guerre de Cent Ans (en France hein, en Italie ils ont fait la Renaissance plutôt), ce qui compte c'est de localiser l'économie. Mais bon, Sarko il aime pas trop Free parce que (?) c'est mal quoi (notons qu'il y a aussi Michelin, Air-France...).
Après s'être fait tondre...on veut nous raser maintenant !!!