PresidentiellePrésidentielle 2012 live directFrance

Nicolas Sarkozy presque candidat face au presque président

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 29.01.2012 à 23 h 42

Le chef de l'Etat n'a pas annoncé sa candidature mais a pointé, en visant implicitement François Hollande, les risques de «l'arrogance» en politique et a vanté les dirigeants qui ont mené des réformes impopulaires.

C’EST JUSTE UNE QUESTION DE TEMPS. Dimanche 29 janvier au soir, Nicolas Sarkozy est intervenu à la télévision pendant plus d’une heure en tant que «chef de l’Etat» venu «rendre des comptes aux Français», leur dire que «leurs efforts ont payé» et exposer une série de mesures: hausse de la TVA à 21,2%, création d’une banque de l’industrie, taxe sur les transactions financières de 0,1%... Et il a quasiment levé toute ambiguïté quant à une échéance qui «approche»:

«Est-ce que j’ai des regrets? Oui. Est-ce que je m’en expliquerai le moment venu? Certainement.»

 Le chef de l’Etat, qui a alterné entre son costume de président et celui de candidat (y compris dans la même phrase, quand il est passé de l’évocation de la baisse du déficit budgétaire en France à celle des mesures prises en Grèce et en Espagne), a longtemps éludé les questions implicites sur sa candidature. Il n’a par exemple pas bronché quand Laurent Delahousse a évoqué le discours sur l’Etat de l’Union de Barack Obama «qui est une sorte de discours de politique générale et aussi un discours de campagne pour lui», le président américain étant officiellement candidat à sa succession depuis avril dernier.

Mais il a rendu un hommage sans ambiguïté à deux figures politiques européennes qui n’ont pas quitté le pouvoir volontairement, mais en ont été écartées après avoir annoncé des mesures impopulaires, l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder («Un homme de grande qualité») et Margaret Thatcher, dont il a jugé «émouvant» le film retraçant la carrière, The Iron Lady.

Il a aussi attaqué son prédécesseur et son adversaire socialistes, expliquant qu’il ne sera pas «M. Jospin face à Vilvorde» et qu’il ne compte pas proposer de «rêves à bon marché», allusion claire au «rêve français», un des slogans de campagne de François Hollande. Il s’est d’ailleurs clairement opposé à son futur rival en assumant les principales mesures du paquet fiscal voté à l’été 2007 et en se disant «totalement hostile» à la remise en cause du quotient familial.

Et ses propos sur «les ravages de l’arrogance» lors de la campagne d’Edouard Balladur en 1995, dont il était un des lieutenants, sonnaient (dans la lignée de ceux de l'UMP en fin de semaine) comme un avertissement à son opposant, donné très largement vainqueur au second tour par les sondages. Interrogé sur sa volonté de rentrer dans l’arène, il s’est montré offensif:

«Parfois j’en ai l’impatience, tant je constate d’arrogance déplacée.»

Photo: Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée du 29 janvier 2012.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte